LETTRE A UNE AMIE TENTEE PAR LE VOTE FRONT NATIONAL

Chère amie,

J’ai compris, lors de notre dîner de l’autre soir, qu’aux élections prochaines, tu étais tentée de voter Front national. J’en ai été surpris, parce qu’il nous est arrivé dans le passé d’être politiquement relativement proches. Et j’essaye de comprendre. Tu vis dans une bourgade que je connais bien dont la quasi totalité des habitants se définissent spontanément comme « Français de souche ». 

diversité

Des Blancs quoi, avec des noms du terroir. Des gens « comme toi et moi ». Le FN y fait régulièrement 45 % des voix (dont la tienne ?) Je t’ai interrogée sur ce vote marqué par la crainte de l’immigration dans un bourg où on ne la voit pas. Tu m’as répondu ceci : « Le mois passé, je suis allée à Paris. J’ai pris le métro, la ligne 2 entre Montreuil et Barbès. J’ai regardé le visage des gens. J’ai compté. J’ai eu le sentiment de ne plus reconnaître mon pays. Ça m’a fait peur. » J’ai eu un peu de mal à te faire dire clairement ce qui, sur ces visages, provoquait le sentiment de n’être plus chez toi. Tu sais bien qu’une partie de ma famille n’a pas ce que les gens de ton coin qualifieraient de visages « bien de chez nous ». Mais je l’ai dit à ta place – visages noirs, type arabe, yeux bridés – et tu as acquiescé. Puis j’ai évoqué avec toi le visage de mon fils, dont la maman est malienne, et tu m’as répondu : « Oui, mais lui, c’est différent ». J’ai ri. J’étais fatigué. Nous en sommes restés là.

Je t’écris aujourd’hui parce que des enjeux très lourds me semblent se cacher derrière tes deux remarques : « Je ne reconnais plus mon pays » ; « Oui mais lui c’est différent ». Que ne reconnais-tu pas ? En quoi le cas de mon fils est-il différent ? Ce que tu trouves de « différent » dans la « différence » de mon fils, c’est que tu le connais, que tu l’aimes bien et que, comme tu me l’as dit un jour, tu « ne vois plus qu’il est métis ». C’est une histoire récente. Une histoire de ce siècle à l’aube duquel il est né. Notre siècle. Ce que tu ne « reconnais plus » de ton pays sur la ligne 2 du métro parisien vient de très loin. L’Europe, devenue « l’Occident » après la conquête des Amérique a conquis le monde. « L’Occident » a légitimé cette conquête en prétextant la supériorité de la « race blanche », sa différence de nature avec toutes les autres, à tel point que toute personne « contaminée » par une autre « race » en était exclue. Jusqu’à aujourd’hui, on ne peut dire en se faisant comprendre que mon fils – fils de Blanc – est un Blanc. Mais on peut dire d’Obama, fils de Blanche, qu’il est Noir. Cette histoire de cinq siècles s’est sédimentée dans nos esprits et dans nos cœurs et y a profondément inscrit de fausses évidences.

Quand tu me dis, parlant de la ligne 2 du métro parisien : « J’ai eu le sentiment de ne plus reconnaître mon pays », cette remarque n’exprime pas en elle-même la haine ni l’exclusion. Mais elle est néanmoins imbibée des représentations raciales héritées de l’histoire si déséquilibrée de notre monde, une histoire qui conduit beaucoup à penser spontanément qu’un visage noir, qu’un nom arabe ou asiatique ne sauraient être vraiment « des nôtres ». Et pourtant, tu as toi même effacé cette histoire dans au moins un cas, celui de mon fils jugé « différent » des « différents » de la ligne 2. Tu as toi-même parcouru à cette occasion un chemin que je juge essentiel, un chemin pour notre siècle, un chemin d’apaisement.

Je pense que cet apaisement, notre pays, notre monde en ont besoin. Parmi les « différents » de la ligne 2, beaucoup, qui sont venus d’ailleurs, ont construit les maisons qui nous abritent, les routes qui nous relient, accomplissent les tâches qui nous rebutent. Une part de notre France est sortie de leurs mains. Mais ce n’est pas d’eux, d’abord, que je veux te parler. Je veux te parler des ces enfants de France, de ces enfants français qui eux aussi t’ont involontairement donné ce sentiment de « ne plus reconnaître » ton pays parce qu’ils avaient hérité de leurs parents des gènes ou des patronymes qui te semblent spontanément incompatibles avec le sentiment de se sentir chez soi en France.

Pardonne-moi, mais ce « sentiment » ne résiste pas à la raison critique. Comme mon fils, qui est des tiens et dont tu « ne vois plus qu’il est métis », ils sont d’ici, se sont construits ici, ils pensent et rêvent dans notre langue commune, ils paieront ta retraite et la mienne, ils sont soumis aux mêmes lois que tous, pour leur protection et s’il le faut pour leur punition. Leurs souvenirs d’enfance, leurs réseaux de connaissance, leurs perspectives d’avenir sont ici. Ils sont nos enfants et nos compatriotes. La patrie ? Comme tu le sais, j’aime ce mot. Je l’aime d’autant plus que je n’en fais pas un fétiche. C’est une communauté concrète où la langue, les paysages, les liens sociaux, les façons de vivre se nouent en une vraie singularité qui fait par exemple qu’on est Français d’un côté du Rhin et Allemand de l’autre. Toi, mon fils, moi, une grande partie des « différents » de la ligne 2, les Français réels de chair et d’os nouent ensemble sur le sol français la singularité française. Ils y ajoutent les singularité de notre temps : facebook, le hip hop, les voyages intercontinentaux, les angoisses climatiques, les familles « internationales », de nouvelles nuances dans la gamme des couleurs de peau… Le « grand remplacement » dont la frange raciste de la société tente de nous effrayer est à l’œuvre, bien sûr, c’est depuis la nuit des temps le remplacement des générations et l’invention par chacune d’entre elle d’une façon nouvelle de vivre ensemble. Les Français d’aujourd’hui ont en moyenne 10 cm que plus qu’il y a cent ans, beaucoup ont la peau plus sombre et presque tous disposent d’un e mail…

Ce que je t’écris là ne résout pas les multiples problèmes qui inquiètent la société française. On en reparlera peut-être. Je souhaite simplement te faire comprendre une chose. Le vote Front national est vécu par des centaines de milliers de nos filles et de nos fils comme un message de défiance : nous ne vous aimons pas ; vous n’êtes pas vraiment des nôtres. Beaucoup d’entre eux en déduiront que la mère-patrie est une mauvaise mère, une mère qui préfère certains des ses enfants à d’autres. Tous en seront meurtris. Certains d’entre eux lui en voudront. Je crois que c’est très dangereux pour nous tous. Je crois que la bonne voie est celle qui t’a tout naturellement amenée à ne plus t’encombrer des notions de race quand tu penses à mon fils. Je crois que notre Nation est placée devant cette urgence d’où peut sortir le renouveau de sa belle histoire républicaine ou d’irrémédiables déchirures.

Pour terminer, permets moi une remarque que tu trouveras exagérée, mais tant pis. Quand Hitler est arrivé au pouvoir, son programme antisémite visait à contrôler les juifs, qu’il considérait comme des envahisseurs néfastes, à limiter leur marge d’action dans la société, à terme les expulser d’Allemagne. Ce n’est pas très loin de ce que Jean-Marie Le Pen, fondateur du FN, affirmait sans ambages à l’encontre des immigrés. Beaucoup d’Allemands se laissèrent aller à voter pour ce programme auquel ils croyaient. Puis, peu à peu, ce « laisser aller » se transforma en l’entreprise de mort qu’on connaît. Pourquoi notre France serait-elle à l’abri d’une telle évolution, d’un tel malheur ? Il y a, parmi ceux qui annoncent voter Front National, des furieux qui jamais n’auraient fait le chemin que tu as accompli vis-à-vis de mon fils parce qu’ils sont racistes, tout simplement. Ils attendent l’heure.

Ne leur prête pas main forte. Le jour de l’élection, abstiens-toi, mets dans l’urne un bulletin blanc, vote Les Républicains, reviens à tes anciennes convictions de gauche, fais n’importe quoi, mais ne prends pas ce risque.

PS/ La conclusion de ce texte, écrit à l’occasion d’élections régionales où le FN menaçait d’emporter plusieurs régions (risque heureusement évité) est décalée par rapport à la situation de l’entre deux tours des présidentielles 2017. J’ai voté France insoumise au 1er tour. Au 2e tour, sans hésitation ni complexe, je voterai Macron, seul moyen de peser sur le score final. A cela une raison très simple et très concrète : si le score du FN approche ou dépasse la majorité des suffrages, les millions de Français « non-Blancs » et d’étrangers vivant en France entendront : la moitié du pays ne nous aiment pas et ne veut pas de nous. Pour eux, c’est dégueulasse. C’est dangereux pour nous tous.

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15 réflexions sur “LETTRE A UNE AMIE TENTEE PAR LE VOTE FRONT NATIONAL

    • Un constat juste, une désespérance certaine, pour tous ceux qui ne trouvent comme échappatoire qu’un vote extrême, celui d’un front uni pour le parti de la haine. Moi, je suis un grand déçus de la politique qu’elle soit de gauche ou de droite. Mais encore bien plus déçu par le parti de gauche étant un homme de gauche par conviction. Je veux le changement certes mais pas à n’importe quelle prix. Mais alors comment me sortir de cette souricière du vote de ce dimanche, m’étant abstenu dimanche dernier? Dois je faire un « vote utile » ce vote du moins pire? Dois je encore m’abstenir ? bien que l’abstention est ma véritable conviction actuel. Le front national étant des désespérés pour ma part je ne suis pas aussi désespéré au point de leur donner ma voix !

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      • Merci Claude de cette réaction, partagée je le sais par beaucoup. J’aurais pour ma part grand mal à voter pour Estrosi si j’étais en PACA. Mais je le ferais quand même pour une raison qui est le coeur de ma « lettre à une amie qui… » Le vote Front national sera forcément vécu par une importante partie de nos jeunes compatriotes comme une parole de défiance, de rejet. Ils s’entendront dire : nous ne vous aimons pas ; nous ne vous voulons pas ; nous ne vous considérons pas comme faisant vraiment partie des nôtres. Je crois décisif pour l’unité de la Nation et pour la tranquillité de ces jeunes qu’ils entendent une parole inverse. Je veux pouvoir leur dire, au lendemain du vote : N’écoutez pas ceux qui vous placent en dehors du peuple ; observez que la majorité de votre Nation vous a protégée contre ceux qui veulent vous exclure ; ce vote a été très difficile pour certains car il bafouait d’autres chapitres de leurs convictions mais l’urgence était là ; nous devions faire en sorte que cette France qui nous est commune interdisent qu’on vous dénie votre pleine légitimité de citoyens, tels que vous êtes ; nous voulions vous inviter à la construire ensemble, à l’inventer ensemble, à lui donner ensemble son visage pour le XXIe siècle. En faisant cela, nous aurons rendu à la politique sa fonction majeure, qui nous invite à dessiner librement la façon dont nous voulons vivre ensemble.

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  1. La fin explique tout : Quand Hitler est arrivé au pouvoir, son programme antisémite visait à contrôler les juifs, qu’il considérait comme des envahisseurs néfastes, à limiter leur marge d’action dans la société, à terme les expulser d’Allemagne. Ce n’est pas très loin de ce que Jean-Marie Le Pen, fondateur du FN, affirmait sans ambages à l’encontre des immigrés. Beaucoup d’Allemands se laissèrent aller à voter pour ce programme auquel ils croyaient. Puis, peu à peu, ce « laisser aller » se transforma en l’entreprise de mort qu’on connaît. Pourquoi notre France serait-elle à l’abri d’une telle évolution, d’un tel malheur ? Il y a, parmi ceux qui ont voté comme toi, des furieux qui jamais n’auraient fait le chemin que tu as accompli vis-à-vis de mon fils parce qu’ils sont racistes, tout simplement. Ils attendent l’heure.

    Ne leur prête pas main forte. Dimanche, abstiens-toi, mets dans l’urne un bulletin blanc, vote Les Républicains, reviens à tes anciennes convictions de gauche, fais n’importe quoi, mais ne prends pas ce risque.

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    • Ce que je fais remarquer à mon interlocutrice, dans ce texte, c’est un travail déjà fait en elle-même, un travail de « déracialistion » en réalité fréquent, mais sur lequel on met rarement des mots, le fait qu’elle a au moins une fois résolu le problème « narcissique » dont parle Bernard Stiegler par un acte inverse au fait de voter Front national. Je ne lui demande pas « fais quelque chose à quoi tu ne crois pas », je lui dis : « Regarde à la lumière de quelque chose que tu sais (la possibilité de déracialiser ton regard sur un des « différents ») et mets toi une minute à la place des autres (les « mêmes » de de « différents » qui est redevenu par la force de la vie ton « semblable ») quand ils entendent qu’en PACA ou dans le Nord-Picardie 40 % des gens ont d’une certaine manière dit : « Vous n’êtes pas des miens, Je ne vous aime pas ». Je n’écris pas « Tu as mal fait ». J’écris : « Regarde en toi même combien il est désirable et finalement aisé de sortir du point de vue raciste ». J’aimerais bien savoir ce que Bernard Stiegler penserait de cet apologue.

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      • Effectivement, j’ai bien noté que ton message n’était ni moralisateur ni culpabilisateur et s’adressait au meilleur de l’expérience de ton interlocutrice. C’est pourquoi je serais intéressée de savoir comment elle l’a perçu.
        Pour combattre toutes ces préjugés inconscients, ces petits « programmes dormants » qui surgissent toujours au tournant de phrases anodines, ces représentations inconscientes que tu t’attaches si bien à décortiquer et à décrypter, il faut un minimum de relation et de confiance pour éviter les slogans et trouver les points d’appui à une démarche positive d’ouverture à l’autre. Quelle tâche considérable !
        Dans quelques jours, je serai grand-mère d’un enfant métisse et je sais quels regards il aura à soutenir, quels mots il aura à supporter.
        Je m’accroche en ces temps funestes à cette phrase de René Char citée par Edwy Plenel dans sa vidéo (https://www.youtube.com/watch?v=WN7Jd-RPLn0&feature=player_embedded) : « Dans nos ténèbres, il y a une place pour la beauté, toute la place pour la beauté « … C’est bien cette part de l’humanité qu’il nous faut solliciter, travailler, alimenter, autant que nous pouvons.

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      • Bonjour Isabelle, mon « amie » est une semi-fiction. Le personnage de ma lettre est tiré de plusieurs personnes qui me sont proches, une parente notamment, issu d’un milieu où l’idée de fréquenter un(e) Noir(e) ou un(e) arabe était « naturellement » vécue comme une incongruité. Elle m’expliquait alors qu’elle éloignerait ses enfant de telles personnes, de crainte que l’accident d’un amour vienne perturber le bon ordre des convenances. Et puis l’expérience de nos liens familiaux, sur la longue durée, a effacé de son souvenir ces préjugés, au point qu’elle me dit aujourd’hui : je n’arrive plus à comprendre comment j’ai pu penser comme ça. Ces expériences vécues (et finalement fréquentes) de déracialisation des relations humaines sont un très puissant levier. Ma pratique me conduit à penser qu’on est plus efficace en mettant en valeur ce qu’on pourrait appeler « l’antiracisme français » et toutes les expériences qui vont dans cette direction, qu’en fustigeant avec aigreur un racisme bien présent lui aussi, mais qu’il faut vaincre car il fait mal et qu’il faut vaincre avec les bonnes armes. La dénonciation est importante dans l’entre-soi des prises de consciences antiracistes. Dans le dialogue avec celles ou ceux qui ne voient pas de mal à hiérarchiser et séparer les « races », elle ne sert en effet à rien. Voilà ce qui explique le ton paisible de ma lettre, déconcertant pour certains, et qui n’éteint pas pour autant le feu soulevé en moi par les horribles scores de dimanche dernier.

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  2. Pensons à nos enfants. Ne laissons pas ces fachistes prendre un pouvoir qui nous ramerait dans les années de 1930 comme en Allemagne. Serions nous assez bêtes pour croire aux paroles du Front national, enfin pour ma part je voterai toujours contre ces personnes qui ne représentent pas la LIBERTÉ L’ÉGALITÉ et la FRATERNITÉ.

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  3. Aujourd’hui, j’ai envie de laisser un autre commentaire, un peu plus long cette fois, pour accompagner ce questionnement sur ce qui peut amener certaines personnes à penser comme le FN :
    est-ce que le monde change plus qu’avant ? est-ce qu’il y a de plus en plus d’étrangers dans le monde ? Est-ce que la nuit, il fait plus froid que dehors ?
    L’irrationnel nous habite, loge chez nous en permanence, au delà d’un bail de 3-6-9. Nous n’avons pas toujours cette faculté de le côtoyer avec dignité. L’habitude sans doute… Il change de visage : hier il s’appelait « manque de travail », ou « Elle gagne plus que moi » aujourd’hui tu l’appelles « couleur de la peau du visage » et demain, quels traits ton esprit alchimiste va-t-il lui revêtir ?
    Non, ce qui me préoccupe, ce n’est pas de ne pas comprendre, ce n’est pas l’irrationnel, c’est cette conscience de la fuite du temps, ce sentiment permanent qu’il est déjà trop tard, trop loin. « Il est loin mon pays », disait le poète… Ce qui me fait peur c’est cette immaturité, état d’abandon jusqu’au dégout de soi. Se déposséder de cette irrationalité et déléguer son expression résignée dans le discours d’un autre, d’un tiers… comme si elle ne faisait désormais plus partie de notre vie. À quoi bon continuer à invoquer le monde des idées, comparer, parler ? je ne me ressens plus. Pourquoi ne pas déléguer ce que « nous » sommes devenus à un « tiers » dont la parole est le jeu régressif du rejet de l’autre. Le rejet de « l’autre » comme fin en soi…

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  4. c ‘est gentil tout plein mais il faut voir un peu plus loin et plus large que ça. Si macron passe se sera 5 ans de casse sociale et je t assure qu’aucun front républicain n empêchera le FN de passer et en présidentielle et en législatives dans 5 ans lui donnant alors les plein pouvoir. alors que si elle passe maintenant, elle n aura aucune majorité une potiche et le FN sera grillé une bonne fois pour toute (je dis pas que ce soit l idéal pour ceux issu de l immigration c est sur mais crois moi ne pas l élire aujourd’hui c est reculer pour mieux sauter a la perche carrément)

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