CRIMES COLONIAUX – Le discours que n’a pas prononcé Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a récemment porté une claire condamnation de la colonisation. Sa déclaration, bienvenue sur le fond, a provoqué une polémique qui l’a conduit à répondre à ses contradicteurs de façon quelque peu confuse et mélodramatique – « Je vous ai compris et je vous aime ! » – ce que j’ai regretté car ce sujet crucial nécessite précision et pédagogie. Je me suis donc une nouvelle fois risqué à écrire un « discours que n’a pas prononcé », comme je l’avais déjà fait avec deux autres attribués à Laurent Gbagbo, puis à François Hollande et qu’on peut lire dans ce blog. Je précise que, si j’ai apprécié la fermeté anti-coloniale d’Emmanuel Macron, je suis en désaccord avec son orientation politique globale favorable au libéralisme.

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« Chers compatriotes,

« On m’a reproché ma claire condamnation de la colonisation exprimée dans l’émotion de mon voyage en Algérie, pays voisin dont sont issus tant de nos concitoyens et avec lequel nous avons un intérêt évident à construire une amitié sans arrière pensée. Je revendique cette condamnation sans détour au nom du bon vieux principe moral qui veut qu’on ne fasse pas à autrui ce qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse à nous même.

« Il est arrivé à la France, au long de son histoire séculaire, d’être militairement envahie et occupée. Elle n’a pas aimé. Jeanne d’Arc guerroyant contre les Anglais et les Alsaciens de 1870 annexés par l’empire allemand, les héros de Valmy, Jean Moulin ou Missak Manouchian en témoignent pour les générations qui leur ont succédé. La colonisation, comme toute conquête militaire d’un territoire étranger, contrevient sans contestation possible au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Lire la suite

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