CRIMES COLONIAUX – Le discours que n’a pas prononcé Emmanuel Macron

En février 2017, Emmanuel Macron alors candidat à la présidence de la République française portait depuis l’Algérie une claire condamnation de la colonisation, la qualifiant de « crime contre l’humanité ». Sa déclaration, bienvenue sur le fond, a provoqué une polémique qui l’a conduit à répondre à ses contradicteurs de façon quelque peu confuse et mélodramatique – « Je vous ai compris et je vous aime ! » – ce que j’ai regretté car ce sujet crucial nécessite précision et pédagogie. Je me suis donc risqué à écrire un « discours que n’a pas prononcé », comme je l’avais déjà fait avec d’autres attribués à Laurent Gbagbo, puis à François Hollande et depuis à Jean-Luc Mélenchon (textes qu’on peut lire dans ce blog). Ce discours que n’a pas prononcé précise les raisons qui permettent d’associer le mot « crime » à celui de « colonisation » et l’urgence de nous engager dans d’autres histoires.

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« Chers compatriotes,

« On m’a reproché ma claire condamnation de la colonisation exprimée dans l’émotion de mon voyage en Algérie, pays voisin dont sont issus tant de nos concitoyens et avec lequel nous avons un intérêt évident à construire une amitié sans arrière pensée. Je revendique cette condamnation sans détour au nom du bon vieux principe moral qui veut qu’on ne fasse pas à autrui ce qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse à nous même.

« Il est arrivé à la France, au long de son histoire séculaire, d’être militairement envahie et occupée. Elle n’a pas aimé. Jeanne d’Arc guerroyant contre les Anglais et les Alsaciens de 1870 annexés par l’empire allemand, les héros de Valmy, Jean Moulin ou Missak Manouchian en témoignent pour les générations qui leur ont succédé. La colonisation, comme toute conquête militaire d’un territoire étranger, contrevient sans contestation possible au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Lire la suite

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