NUMUNTENE, récit des confréries donso du Manden

Une fois de plus, je propose ici une traduction-adaptation d’un texte transmis en langue bamanan (Mali). Celui-ci a été dit par Mamadou Diarra, un membre de la confrérie donso (donso est communément traduit par chasseur). Annick Thoyer en a recueilli et transcrit la parole. Les Editions de l’Harmattan ont édité sous le titre « Récits épiques des chasseurs bamanan du Mali » ce texte et quelques autres. Livre précieux. Le patrimoine musical, littéraire, philosophique, cultuel de ces confréries multiséculaires témoigne pour une institution qui a joué un rôle clef dans l’avénement du Mali classique, au 13e siècle, et continue d’alimenter l’imaginaire et la pensée des sociétés actuelles de l’ancien Manden. J’ai essayé, dans ce passage au français, de respecter le plus possible les qualités littéraires de ce texte étonnant, qui dans une fin inattendue retourne de fond en comble les relations féminin/masculin. L’égalité entre les humains est en effet un des piliers de la pensée donso, dont le serment commence par ces mots : « Nin bèè nin, nin man fsa nin ye, nin man koro nin ye » (Toute vie est une vie, nulle vie ne l’emporte sur une autre vie, nulle vie n’a l’aînesse sur une autre vie).

Récits chasseurs Thoyer:Diarra 2 4

 

Maintenant, toi qui m’écoute,

J’attire ton attention sur un seul sujet,

Marier beaucoup de femmes n’est pas une bonne nouvelle.

Je te sonde sur cette seule causerie.

Marier beaucoup de femmes, ce n’est pas juste.

Manden Mori le bon chasseur, à toi le long chemin !

 

Manden Mori vit le jour dans une cité du Manden.

Il grandit et il devint si beau que les enfants firent de lui leur chef.

Il grandit encore et il devint si fort que les jeunes gens firent de lui leur chef.

Dans la même cité lui naquit une cousine.

Elle grandit, elle devint femme et tellement femm

Que tous les jeunes gens la suivaient jusqu’au seuil de sa porte.

Ses fesses ?

Tu dirais une pâte de riz gras.

Ses fesses ?

Tu dirais deux calebasses au comble de la calebasse.

Tous les jeunes gens la suivent, sauf Manden Mori.

Jour et nuit, Manden Mori arpente les bois sauvages à la poursuite du gibier.

Manden Mori est dévoré par l’amour de la chasse.

Jour et nuit, la cousine au cul lourd prie Dieu de lui donner Manden Mori pour homme.

Jour et nuit elle blasphème :

Si Dieu veut, et même s’Il ne veut pas,

Cet homme sera mon homme.

Un jour, Manden Mori sort pour aller sur les bords du fleuve Noir,

Il va, il entre dans une cité sur les bords du fleuve Noir.

Le chef de la cité n’a qu’une fille,

La fille est Numuntènè.

Numuntènè est belle.

Ses dents comblent sa bouche.

Ses cheveux sont noirs, noirs.

Cinq doigts cambrés.

Deux seins dressés.

Son petit ventre, un œuf du jour.

Ses yeux, le soleil de l’aube.
Ses yeux plongent dans l’âme de Manden Mori.

Ils s’y plaisent.

Ils y font couler la passion d’amour.

Mon frère, mon ami, Manden Mori jeta les yeux sur Numuntènè.

Manden Mori réunit les siens, il dit :

Je n’ai qu’une femme dans mon cœur, elle est sur les bords du fleuve Noir.

Le nom de la femme est Numuntènè.

Aa ! Faites les démarches qu’il faut.

Sinon, d’ici ma mort, je ne trouverai plus de joie chez les femmes.

 

Il y a un marabout qui vit au pays de Manden Mori,

Dis-moi si je mens : la compagnie des femmes grasses est douce aux marabouts.

Femmes rondes, riz gras et boubous blancs.

Ce marabout,

Voilà longtemps qu’il suit des yeux la cousine au cul lourd,

Qu’il suit ses fesses et qu’il lit sa passion.

Aa ! S’accorder vaut mieux que se faire procès.

Le marabout a su pour l’affaire du mariage.

Il sait aussi que la fille ne sait rien.

L’affaire est bonne, il part à sa besogne :

Ma fille ! Tu es là tranquillement assise, hmm !

Si Manden Mori ne regarde aucune femme,

Si son cœur est dur et si son âme est droite,

Tu le sauras !

Hmm !

Manden Mori est parti chasser sa proie, chercher la femme !

La demande en mariage, c’est pour après-demain.

La ruine de l’autre a pris la route,

La ruine de la petite Numuntènè.

La cousine au cul lourd tombe de rage devant le marabout :

– Aide-moi, aide-moi dans l’affaire de cet homme, ce que tu veux de moi, je le ferai.

– Ma fille ! Tu ne veux pas être humiliée dans l’affaire de cet homme ?

Fais- moi sacrifice d’un riz chaud, passe chez moi dans la nuit noire.

Quand j’aurai bien mangé, si la nuit passe et qu’elle se passe bien, je ferai sur toi les imprécations qu’il faut,

Et jusqu’à l’achèvement du monde, tu ne seras pas humiliée dans l’histoire de ton homme. 

Elle attend la nuit profonde, elle se lève, elle cuisine le riz,

Elle traverse la nuit noire, elle et son sacrifice.

L’homme s’en rassasie jusqu’avant l’aube.

Elle et son sacrifice.

 

Numuntènè !

Le désamour s’est refermé sur toi.

Les sortilèges de la nuit t’ont rejointe.

Numuntènè ne compte plus dans la main du chasseur Manden Mori.

On l’introduit dans la chambre nuptiale

Trois jours, elle y demeure et Manden Mori n’entre pas.

Le troisième jour, tôt le matin, survient Manden Mori le bon chasseur,

Lui et son fouet,

Il la frappe, tu dirais qu’elle n’est pas un humain,

Il la brise, tu dirais qu’elle n’est pas un vivant.

Il détruit son trousseau d’épouse.

Il la vêt d’un lambeau d’étoffe, un npogo d’enfant,

Tu dirais qu’elle est nue,

Même une fillette, on la couvre davantage.

Il saisit Numuntènè, il la jette :

Numuntènè, retourne chez tes père et mère !

Numuntènè, ce monde finira sans que je t’épouse.

Il y a un grand baobab à la porte de la cité, un arbre creux.

Numuntènè se glisse dans l’arbre.

Elle dit :

Manden Mori, mon père c’est toi, ma mère c’est toi.

Je ne retourne pas.

Jusqu’à ce qu’on prenne mon cadavre et qu’on l’emporte, je ne retourne pas.

 

Manden Mori fit entrer la cousine au cul lourd dans la chambre nuptiale,

Il en fit sa femme.

Ils restèrent cent jours sur le lit des noces et durant cent jours, on n’entendit plus les pas du chasseur Manden Mori dans les bois sauvages.

Mais au centième jour, quand ils sortirent de leurs épousailles, ils trouvèrent Numuntènè blottie dans l’arbre creux.

Ils rirent d’elle.

Elle se tut.

Chaque soir, au crépuscule, les femmes s’appellent les unes les autres et mangent,

Mais si Numuntènè s’approche pour manger elle aussi, il y a toujours une femme qui la frappe :

Pauvresse égarée, tu es sans soutien, sans parenté,

Ce monde finira sans que ta main touche à mon plat.

Alors, au cœur de la nuit, Numuntènè vient racler les raclures de marmites.

C’est ça dont elle vit.

Elle n’entre dans aucune des chambres de son homme.

Nuit après nuit, la pluie la frappe dans l’arbre creux.

Chaque matin, l’épouse au cul lourd se lève et balaye le seuil de Manden Mori, elle le balaye pew !

Puis elle chie, elle chie sur le seuil, nyagayi !

Puis elle couvre sa merde de cendre megumegumegu !

Son doigt plonge dans la merde fraîche.
La chienne, elle flaire ça,

Puis elle rit, elle rit, tu dirais qu’elle n’est pas un humain,

Alors elle réveille Manden Mori le bon chasseur :

Manden Mori, la pauvresse égarée nous emmerde,

La chieuse nous emmerde.

Tu ne vois pas la merde sur ton seuil ?

C’est la merde de Numuntènè.

Vraiment, cette emmerdeuse est emmerdante.

 

Numuntènè dépérit, enfouie dans son trou d’arbre,

Aucune merci ne lui vient d’aucun cœur.

Trois ans de détresse, trois ans.

Alors Numuntènè sort, au soleil plein, elle s’assied, elle fait serment sur les puissances de la chasse :

Puissances de la chasse ! Si le chasseur Manden Mori m’a bien prise pour épouse,

Si c’est vrai et si vous l’avez vu,

Si vraiment vous avez vu qu’il m’a aimée d’amour,

De jour en jour, dix proies par jour, donnez-lui le gibier qu’il poursuit.

Mais si la vérité, c’est qu’il m’a privée d’amour,

Alors, qu’il ne prenne plus de gibier d’ici au jour d’aller dans l’autre monde.

Il a fait de moi le jouet de ma coépouse.

Dieu m’est témoin, le chasseur Manden Mori me tourmente. 

 

Voyez-vous, mes amis,

Après qu’il eut achevé son œuvre,

Le Dieu créateur dit au monde : maintenant, enfante pour toi-même !

Le monde enfanta par dix fois :

Cinq couples de jumeaux.

Il établit ainsi le mariage et la confiance,

Il établit l’entente fraternelle et la compassion,

Il établit l’amitié et le secret des confidences,

Il établit la connaissance et la foi,

Il établit le règne et la droiture.

Et moi je vous dis que ce monde humain marche toujours sur deux pieds.

Ces deux pieds, c’est quoi ? C’est l’homme et c’est la femme.

 

Manden Mori ne vit plus de gibier dans les bois sauvages.

Le gibier qu’il vise, il ne l’atteint pas.

Le gibier qu’il vise, il ne l’atteint pas.

Ah ! La femme mal-aimée, son fils est un lion.

Manden Mori fait trois ans, il ne tue pas un gibier dans ce monde.

Un jour, Manden Mori rentre des bois profonds, des bois orphelins,

Pour souffrir dans sa chambre et maudire sa propre vie.

À l’appel de l’aube, sa vieille mère vient elle-même pour le consoler.

– Maman, sépare-toi de moi ! Ta voix, qu’elle abandonne ma trace,

Et que je ne voie ni la sortie de ce jour, ni l’entrée de demain.

– Manden Mori, mon enfant, crois-tu que je sois venue sans parole à te dire ?

Sors, et marche et marche et va sur la rive du fleuve Noir.

Il y a sur la rive du fleuve Noir une termitière qu’on appelle Wuyawuyanba.

Wuyawuyanba est un diable.

Ce diable te rendra les pouvoirs de la chasse.

Manden Mori marcha et marcha dans le premier matin

Il marcha et marcha, puis parvint au seuil de la termitière Wuyawuyanba.

Il se posta devant la termitière.

Il pria :

Wuyawuyanba ! Wuyawuyanba !

À ces mots, Wuyawuyanba se fit forme humaine

– Qui appelle Wuyawuyanba, ici sur les bords du fleuve Noir?

– C’est moi, Manden Mori, qui t’appelle.

– M’appelles-tu pour une raison qui vaille ?

– Je suis venu dans ce lieu pour chercher les bons pouvoirs de la chasse.

– Alors approche et convenons d’un pacte :

À partir de ce jour, quel que soit le vivant que tu viseras dans ce monde,

Si la poudre parle et si le fer le touche,

Il laissera le langage d’ici, pour celui d’au-delà d’ici.

Tu feras sept années à tuer dans les bois sauvages.

Le jour où s’achèveront ces sept années,

Tu rencontreras une antilope mâle au front blanc.

Elle te parlera, tu la viseras, tu la tueras.

Quand tu l’auras tuée, tu reviendras ici de toi-même, ici, chez Wuyawuyanba.

Alors je te sacrifierai à mes puissants pouvoirs.

Ça te convient ?

– Wuyawuyanba, merci !

Le grand homme ne trouve pas de grand nom s’il ne fait pas de grandes choses.

Manden Mori s’en retourna au pays

Puis fit sept ans à tuer le gibier dans les bois orphelins.

 

Sept ans finissent.,Manden Mori le bon chasseur pénètre en un lieu profond, un lieu sans père ni mère, un plateau nu.

Une antilope mâle au front blanc s’y tient immobile.

Elle pose sa virilité sur le sol, à plat, elle s’écrie :

Tue-moi, tue-moi vite !

Wuyawuyanba se languit de toi, là-bas, sur les bords du fleuve Noir.

Le grand homme épaule son fusil, ferme un œil, tu dirais le soleil du soir.

À l’antilope mâle au front blanc, le fusil dit : liw !

Manden Mori dépouille ce gibier.

Le gibier parle une dernière fois :

Dépouille-moi, Manden Mori, dépouille-moi vite

Wuyawuyanba se languit de toi, là-bas, sur les bords du fleuve Noir.

Puis ce vivant laissa le langage d’ici, pour celui d’au-delà d’ici.

Manden Mori retourne au midi du jour, lui et son dernier gibier,

Il jette la dépouille dans le vestibule de son père.

Son père ne sort pas.

Son père ne répond pas à ses saluts.

Au petit soir, la femme au cul lourd se lève de sa sieste.

Tout ne va pas toujours dans le bon sens.

Elle dit :

– Manden Mori mon bon chasseur, qu’as tu pris cette fois-ci dans les bois perdus ? Du vent comme hier ou de la poussière comme demain ?

Manden Mori se tait.

 

Au cœur de la nuit, c’est Numuntènè qui l’approche.

Elle dit :

– Chasseur Manden Mori !

– De qui est-ce la voix?

– C’est la voix de la mal-aimée, la voix de la femme qui chie, la voleuse de raclures.

– Toi, Numuntènè ?

– Namou !

Manden Mori, sa force intérieure est à bout.

Il parle :

– Numuntènè, demain, je serai le poulet du sacrifice dans les mains de Wuyawuyanba, là-bas, sur les bords du fleuve Noir.

– Et moi je suis la mal-aimée, la chieuse, la pauvresse égarée.

Mais s’il se fait que demain tu sois sacrifié devant les puissances de Wuyawuyanba,

Si mes seins ne sont pas juste derrière toi,

Ces deux seins qui me font femme, s’ils te laissent seul devant le couteau du sacrifice,

Que je tombe sur ces seins sans pouvoir me relever, ou qu’alors je me relève dans l’autre monde.

Elle dit :

C’est l’heure pour moi d’aller dormir dans l’arbre creux.

À l’appel de l’aube,

Manden Mori s’enfonça dans les bois sauvages, seul et sans arme.

Numuntènè l’observe,

Numuntènè se glisse dans la chambre de son homme,

Puis subtilise son fusil, puis se faufile dans un trou du mur, puis piste le sentier fait par Manden Mori.

Là-bas, de loin, Wuyawuyanba voit Manden Mori qui vient.

Il aiguise la lame à tuer les humains, l’aiguise et l’aiguise encore :

– Chasseur Manden Mori, sais-tu pourquoi tu es ici ?

– Je sais.

– Alors, ton pantalon, ôte-le !

Ôte ta culotte,

Ôte ton bonnet, ta chemise, tes sandales,

Ote-les, couche-toi dans l’herbe, et vite;

Je vais faire de toi le poulet du sacrifice, ici, sur les bords du fleuve Noir.

Manden Mori le bon chasseur ôta son pantalon, puis sa culotte, puis son bonnet, puis sa chemise et ses sandales, puis les posa les uns sur les autres.

Il y a une souche à dix pas de Wuyawuyanba.

Numuntènè court se blottir derrière la souche, tu dirais un varan des sables.

Il y a un arbre à cinq pas de Wuyawuyanba.

Numuntènè tient le fusil dans sa main, elle se blottit au pied de l’arbre.

Manden Mori s’étend devant les puissants pouvoirs du diable Wuyawuyanba,

Tu dirais le taureau choisi pour le sacrifice du Manden.

Wuyawuyanba s’est levé pour se saisir de la lame à tuer les humains et prononcer l’oraison du sacrifice :

Lame à trancher la vie, à toi le sang, lame redoutable au sacrifié, lame douce aux puissants pouvoirs !

Numuntènè est là, elle et le fusil.

Sa force intérieure est portée par toutes les âmes de la brousse,

Les vies sacrifiées tiennent son cœur,

Les dieux orphelins l’envahissent : liw !

Le coup est parti, l’âme du diable est fracassée.

Wuyawuyanba, toi et tes puissants pouvoirs, de quelle main se termine ainsi ton existence?

La pauvresse égarée t’a fait cadavre.

Elle ne vient de nulle part, elle n’a ni soutien, ni parenté.

Numuntènè, tu as eu raison du diable Wuyawuyanba.

Il ne parlera plus le langage d’ici-bas.

 

Régner dans sa maison et régner sur la brousse, ce n’est pas la même chose.

Manden Mori s’est levé sans culotte :

– Qui a fait parler la poudre dans ce bois sauvage ?

– C’est le cri de la mal-aimée, le cri de la petite voleuse de raclures.

Je ne viens de nulle part, je n’ai ni soutien, ni parenté.

– Numuntènè !

– Namou !

-Numuntènè !

Mon pantalon, mets-le.

Porte ma chemise et mon bonnet.

Ton lambeau d’étoffe, ton npogo d’enfant,

Noue le sur mes reins comme je l’ai fait pour toi.

Prends ton fusil et marchons vers chez nous, moi derrière, toi devant.

Tu es l’homme et je suis la femme.

Que tout cela éloigne le péché de ma trace.

Ainsi parla Manden Mori.

Manden Mori le bon chasseur porte un npogo,

Les poils qu’on cache sont sortis, tu les vois.

Même une fillette, on la couvre davantage.

Les longues jambes du chasseur qui marche à grands pas, entends-les : npaghalungun npaghalungun npaghalungun

Ils marchèrent et marchèrent.

 

Quand elle les vit venir au loin, l’épouse au cul lourd serra sa tête d’un foulard,

Elle se planta devant l’entrée de la ville,

Pour ne plus bouger de sa trace.

Si grasse !

Tu ne dirais pas un humain.

Ses fesses ? Une montagne de riz gras !

Ses fesses ? Deux calebasses de géant !

De voir Manden Mori venir ainsi, Manden Mori la femme et Numuntènè l’homme,

Elle en insulte la vieille mère du bon chasseur :

Patisakènè !

Mère, vois-tu ton fils nous revenir cul nu!

Elle rit, elle rit, tu dirais qu’elle n’est pas un humain.

Le vieux père de Manden Mori lui aussi s’est approché.

Sa tête courbée, tu dirais l’épi mûr qui penche sur le bord du chemin.

On lui a dit : Manden Mori est de retour à la maison.

Il chante :

Numuntènè, tu as posé sur ma tête un trophée, trophée pour la nation,

Le gibier qu’on dépose dans mon vestibule, c’est toi qui l’a fait,

Le gibier qu’on ne dépose pas dans mon vestibule, c’est toi qui l’a fait.

Numuntènè, la guerre ne sourit pas au craintif.

Si tu veux cet homme, il est à moi, je te le donne.

Numuntènè rentra dans la chambre nuptiale.

Elle y fit avec son homme les nuits qui manquaient à leurs épousailles.

Tous demeurèrent ici, dans la cité.

 

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