REFONDER LES POLITIQUES CULTURELLES PUBLIQUES

Une grosse fatigue s’est abattue sur l’appareil culturel public français, si prometteur à ses débuts, si abondant. Par quelle alchimie un système pensé et financé pour répandre les joies de l’esprit dans toutes les classes de la société s’éloigne-t-il si opiniâtrement de son objectif originel ? A moins qu’il soit devenu récif et que l’histoire, les histoires s’en soient allées ailleurs. Des politiques culturelles accordées aux mondes qui naissent ? Des outils propices à la rencontre des imaginaires plutôt qu’à la célébration nostalgique du vieil art ? Les réseaux remplaçant les podiums ? Le bouleversement est souhaitable. Le naufrage est possible.  

claude-baillargeon-un-poete-graphiste

Une des images magiques de mon ami Claude Baillargeon, décédé ce printemps. Un hommage à cet artiste modeste qui ne craignait pas de produire des évidences graphiques tellement pensées et si généreusement données.

« Chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». Frantz Fanon

La refondation des politiques culturelles publiques est confrontée à deux enjeux majeurs.  

1 – L’agonie du cycle historique de la modernité occidentale.

2 – L’héritage d’un appareil culturel d’Etat construit dans et pour ce cycle agonisant.

 Elle nécessite une claire remise à plat des institutions et du projet.

LA FIN D’UNE HISTOIRE

Engagée au XVe siècle, la modernité occidentale est le projet de civilisation qui accompagne la conquête de la planète par les nations « blanches ». L’empire unique impose au monde une histoire unique, centralisée, hiérarchisée, racialisée, représentée comme un vecteur tendu vers un progrès continu, vers un gain (une capitalisation) sans limite. Lire la suite