#Burkina : EMPECHER LE RETOUR A L’ETAT-MANGEOIRE

Faire comme si les tripatouilleurs défaits de la Constitution burkinabè étaient des agneaux nouveaux-nés et qu’ils pouvaient dignement se présenter au suffrage de leurs concitoyens au nom d’une « démocratie » confondue avec le scrutin majoritaire, c’eût été dire au peuple : les mots n’ont pas d’importance, le petit jeu reprend comme avant, jouez votre partie en votant, nous jouerons la nôtre en volant. Les événements en cours au Burkina Faso ouvrent une fenêtre exceptionnelle pour dépasser l’Etat-mangeoire, presque généralisé en Afrique et si néfaste à la liberté politique et au développement.

Vers-un-nouveau-coup-d-Etat-au-Burkina-Faso

La séquence historique à laquelle est confronté le peuple du Burkina-Faso est historiquement cruciale. Pour le Burkina. Pour l’Afrique. Pour l’avènement d’un monde équilibré. Elle prend sa source dans le réveil initié en 1983 par Thomas Sankara. Soutenu par le mouvement populaire, le jeune officier propose à son pays de se construire par lui-même une histoire – un cadre institutionnel, mais aussi politique et moral – qui ne soit plus le copier-coller des anciennes perspectives impériales (l’imitation de l’Occident comme figure du progrès), ni des administrations coloniales, « corps étranger » propice à la privatisation des prérogatives publiques par ceux qui en ont la charge, propice également au maintien de l’influence des puissances occidentale. Le pays prend fièrement le nom de ce projet : Patrie des hommes intègres.

L’affaire est lourde de conséquences. Elle met en mouvement la grande question de notre siècle (avec la crise écologique), qui est le dépassement de la domination occidentale. Lire la suite

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L’ENJEU BURKINABE : dislocation mafieuse ou réinvention de l’intérêt général

Le coup de force du régiment de sécurité présidentielle du Burkina Faso, dans la nuit du 16 au 17 septembre, aussi sidérant soit-il, ne doit pas nous laisser sans voix. Paradoxalement, il éclaire d’un jour violent la bifurcation historique devant laquelle sont placées la plupart des sociétés africaines : la dislocation mafieuse ou l’audace d’inventer des institutions crédibles et adaptées pour porter enfin l’intérêt général.

4760637_6_8a23_un-representant-des-militaires-putschistes_a0c504fd90cce300a68884affa276ce3Le lieutenant-colonel Mamadou Bamba annonce la destitution des autorités de la transition

Par sa pureté, son efficacité et surtout l’enjeu spécifique sur lequel elle intervient, la révolution burkinabè d’octobre 2014 constitue une étape cruciale dans la construction d’institutions représentant vraiment l’intérêt général dont l’Afrique manque tant. Comme c’est aujourd’hui la grande mode, un président – Blaise Compaoré – joue avec la règle officiellement présentée comme obligeant tous les citoyens de la base au sommet : la Constitution. Son dessein : rester en dépit de cette règle propriétaire du pouvoir et de ses prébendes. Lire la suite