CONFLIT AFRO-OCCIDENTAL POUR L’EXPLORATION DU COSMOS ?

Dans le cadre des débats numérisés qui, dans les temps confinés du covid 19 ont animé le Groupe initiative Afrique[1], un texte d’Allassane Mamadou Ndiaye[2] dédié à la crise du corona virus commençait avec cette phrase : « Je continue d’être de ceux qui pensent que le rationalisme occidental, si savant, si scientifique, ne suffit pas à expliquer le cosmos africain. » [3]

Cette affirmation qui rencontrait des interrogations ancrées dans mon existence entre France et Mali a mis en route les turbines de la pensée.

Décollage immédiat !

Performances agronomiques vs solidarité du vivant ?

Dans le Manden, un initié donso[4], quand il coupe un arbre, s’en excuse auprès de lui et fait une libation, exprimant ainsi la complexe solidarité du vivant, du cosmos, et l’obligation d’en négocier toujours les innombrables interactions. Au nom de la pensée « rationaliste », le monde dit occidental, celui qui s’est initialement autodéfini comme « blanc », a pu établir sur la nature une tyrannie dont on voit aujourd’hui des effets dévastateurs. L’exemple le plus extrême en est la tyrannie cupide exercée dans les colonies d’Amérique sur une terre arrachée à ses premiers habitants qui la vénéraient, sur les végétaux (coton, canne à sucre, café, etc.) pensés non plus comme dons de la nature mais comme sources d’enrichissement sans limite, sur les humains qui les cultivaient réduits à une destinée de marchandises ne prenant sens qu’entre les mains et par la volonté de leurs propriétaires. Entre l’initié donso et l’agronome esclavagiste, qui dit mieux le cosmos ? Qui protège mieux notre humanité ?

Cet exemple extrême relativise, mais ne dissout pas la raison analytique. Dans ses observants, il n’y a pas que le planteur esclavagiste. Il y a aussi Louis Pasteur escaladant le mont Poupet pour y trouver l’air pur nécessaire à ses recherches à qui tant d’humains doivent la vie. On doit reconnaitre à cette approche occidentale du cosmos sa remarquable efficacité qui a répandu les téléphones, les vaccins, les cyclomoteurs, la lumière électrique ou les prévisions météo… Merci la pensée analytique. Ajoutons à cela que les univers de pensée respectivement produits par l’Europe et par l’Afrique ne sont pas monolithiques, que, dans un dosage différent, l’un et l’autre offrent des outils d’analyse de phénomènes particuliers, que l’un et l’autre ouvrent des voies vers une appréhension complexe de l’univers pris dans sa globalité, que la raison s’exerce par des voies différentes dans l’un et l’autre contexte.

Battements d’aile

Chacun de ces deux modes de pensée peut être efficace et/ou vicier notre approche du réel. Pour ce que j’en connais et pour ce que j’en ressens, le patrimoine culturel de l’Afrique est plutôt fondé sur une pensée du complexe – complexité des innombrables interactions qui tressent notre monde et nos vies –, une forme d’appréhension du monde qui admettra aisément que le battement d’aile d’un papillon sur l’autre bord de la planète puisse avoir participé à l’ouragan qui survient au dessus de nos têtes. La révélation de ce « battement d’aile », si contrintuitive pour un esprit moulé dans les standards occidentaux de la pensée, a été offerte à la raison rationaliste par le mathématicien et météorologue Edward Lorenz. Elle est devenu l’image emblématique d’un corpus encore périphérique que la science occidentale a significativement dénommé « théorie du chaos ». Ne correspond-elle pas, dans la pensée et les pratiques endogènes d’une grande partie de l’Afrique, à une appréhension spontanée non du chaos, mais d’une logique du cosmos ?

Soit ! L’art de la pensée du complexe est une richesse. Mais elle peut aussi glisser vers un holisme simplet et détourner l’esprit de rechercher la chaine des causes particulières qui ont principalement produit un effet particulier. Accident sur la voie publique ? Depuis que le vocabulaire des religions du livre s’est superposé dans bien des régions d’Afrique au sédiment toujours actif des anciennes spiritualités, on y dira « c’est Dieu qui l’a voulu », tout en allant sacrifier à une des puissances du cosmos pour que ça ne se reproduise pas. Cette négociation rituelle avec le Tout a du sens, mais à elle seule, elle est moins efficace pour la sécurité routière que le code de la route.

Dans son courant central, le rationalisme occidental est binaire, rétif à la cohabitation des contraires (de ce qu’il lit comme étant contraire). Vrai ou faux. Blanc ou Noir. Cause ou effet. Il est puissamment enraciné dans l’histoire et les représentations de l’Europe. Il puise notamment dans le dualisme platonicien qui imbibe le christianisme et l’Islam. En haut l’esprit, en bas la matière. Tel plant de coton produit plus si on le nourrit de tel intrant chimique et s’il est travaillé par les meilleurs Nègres du marché. Mais quelles sont les interactions entre cette chimie et le sol que nous lèguerons à nos enfants, entre la lucrative subordination de l’homme-outil et le sens de la vie, comment les innovations scientifiques qui enrobent la germination des graines conforment-elle notre façon de gérer la complexité des sociétés humaines ? La conclusion « rationaliste », en l’occurrence marchande et capitaliste, impose sa tyrannie à toutes les « choses » concernés, puis à nos esprits eux-mêmes. En tout cas, « ça rapporte », expression triviale de ce que le système couronne de légitimité quand il parle de « lois de l’économie » ou de « marché du travail ».

Pensée du complexe, enquête analytique… Sans doute a-t-on, pour comprendre, pour nous comprendre, besoin des deux. La pensée du complexe peut se laisser manger par une appréhension holiste du cosmos, négliger la mécanique des interactions qui le tiennent réuni, et alors engourdir l’action pratique qui demande d’en isoler telle cause pour produire tel effet. La simplification binaire évacue la multitude des interactions qui interviennent sur toute réalité qu’abrite notre univers, comme nous le rappelle le dérèglement climatique.

La conversation entre ces deux socles civilisationnels a été rendue impossible par l’abaissement de l’Afrique vaincue et la délégitimation de son histoire. Pensée sauvage. Pensée de sauvages. Croyances exotiques, pittoresques, infantiles, médiévales, absurdes. Aux Africains, l’Occident vainqueur a dit : défais-toi de ces oripeaux grotesques, porte les habits qu’il faut, les habits de « l’universel », c’est à dire les nôtres. Par force ou de guerre lasse, beaucoup se sont laissé faire et ont porté ces tenues taillées pour d’autres. Leur corps et leurs gestes s’en sont trouvés entravés.

Réinventer des coupes adaptées à sa silhouette ou accuser son corps d’être difforme ?

Examinons quelques notions clefs de la vie sociale et regardons ce que peuvent dire à tous les patrimoines africains de représentations. Je vais ici plutôt prendre le parti de schémas de pensée produits par l’histoire de l’Afrique, car c’est par leur relégitimation qu’on pourra avancer vers un rééquilibrage que je crois souhaitable et qui m’a donné de grandes joies intellectuelles. Je le fais aussi depuis ma focale personnelle, le point de vue que m’ont donné cinq décennies de va et vient entre France et Mali, pas entre Suisse et Congo ; ma réflexion en porte la limite. Enfin, mon admiration pour les sources européennes de la pensée, ma conviction qu’elles gardent une place cruciale dans la conversation n’en est pas ébranlée. J’espère que l’éventuel lecteur s’en souviendra et m’en fera crédit.

L’appropriation.

Dans la société occidentale où l’humain seul est sujet, où le reste du cosmos est objet, « chose » à sa disposition, l’appropriation a pris la forme brutale de la propriété à la romaine – usus, abusus et fructus -, le droit d’user, d’abuser et de tirer profit des biens qui lui sont soumis, qui lui appartiennent. De cette lignée est né le capitalisme et son règne sur la production des richesses issues du travail humain. Indice : dans la langue bamanan, la propriété dans cette acception romaine puis capitaliste n’a pas d’équivalent qui vienne immédiatement à l’esprit. Un concept s’en rapproche, tigiya. Mais il n’est pas superposable à la notion romano-occidentale de la propriété. Taxi-tigi désigne aussi bien le titulaire de la carte grise que son chauffeur salarié.[5]

Avançons. Propriétaire d’un champ, d’une table, d’un captif – mes choses –, j’en fais ce que j’en veux. Tigi de ces parcelles de l’Univers, de ces porteurs de la divinité, j’en fais ce qui se doit. J’ai un devoir d’articulation, ou si l’on veut, j’ai intérêt, il est bon pour moi de m’y articuler selon ce qui se doit. Tigiya n’est pas propriété d’un objet inerte, mais responsabilité sur des parts de l’univers, de la divinité-univers, que le destin m’a confié, à moi qui en suis moi-même un des éléments. Propriétaire de ma table, je peux en faire du petit bois quand je veux, si je veux. Tigi d’un champ, je suis responsable de sa fécondité qui ne m’appartient pas, qui comme moi appartient, participe à la puissance de l’Univers, qui m’a d’ailleurs été confié par une autorité porteuse de cette puissance plus globale, le dugu-tigi[6], responsable de la cité, non pas chef, non pas propriétaire : responsable. Peut-être maître au sens où l’on parle d’une maîtresse de maison qui n’a pas besoin d’en être propriétaire pour y imposer sa marque, Maître au sens où la civilité à la française attribue ce titre honorifique à un poète reconnu, non pas parce qu’il a fait de la langue sa propriété, mais parce qu’il la maîtrise en s’accordant à elle et qu’il s’est donné la responsabilité d’ouvrir le destin des phrases. Un humain qui dispose non d’un pouvoir, mais d’une autorité.

Le bien et le mal.

Il est bon pour le lion de me guetter, de bondir sur moi et de me dévorer. Il est bon pour moi de le chasser et de m’en défendre. La chasse est un mal pour le lion. Ne pas en protéger ma famille est un mal pour moi et pour la société. Non pas la binarité qui oppose le bien et le mal avec pour juge suprême la raison humaine, mais une dualité qui traverserait toute situation et que nous suggère l’observation du cosmos. Le bien et le mal sont sans cesse source de négociation entre puissances de l’univers dont aucune n’est « l’objet » de l’autre, qui portent toutes une part de sa divinité, de sa toute-puissance, pensée là d’une façon qui a des analogies avec ce qu’en Occident on a nommé « matérialisme philosophique » (Epicure, Lucrèce, Spinoza, Diderot, Marx…) La puissance divine, la force vitale du lion que je tue pour protéger ma famille ou celle de l’arbre que je coupe pour chauffer mon plat sont libérées par mon acte et potentiellement hostiles. Dans le Manden, cette force libérée par un mal qu’on fait (du point de vue de celui à qui on le fait : l’arbre coupé, le lion tué, l’ami trahi…) est nommée nyama. Nyama peut paraître menaçant, mais c’est parce qu’il joue le rôle d’une force réparatrice pour rétablir l’ordre de la divinité-univers quand il a été dérangé, éventuellement menaçant pour le dérangeur. Les rites propitiatoires qui toujours se font en négociation avec des êtres à la fois matériels et divins, avec la matière des objets divins nourris et augmentés du sang sacrificiel, rétablissent l’équilibre des forces, la sureté face aux nyamaw auxquels je cède ainsi quelque chose pour les calmer de ce qui a pu leur être pris. Ces rites peuvent être mis en action pour se débarrasser d’un rival – bien pour moi, mal pour lui – ou pour renforcer la concorde dans la société, façon d’établir un rapport de forces favorable à la sécurité, à la prospérité, à la concorde qui en est le ciment. Il y a ainsi des objets divins rattachés à une famille, à un territoire, à une lignée, à une fonction sociale… Le bien existe, le mal existe, mais ils sont toujours inscrits dans le système complexe, organique de la famille, de la société, de l’univers. On est loin des absolus éthiques distribués par les dix commandements ou par la morale républicaine.

Ruine de toute possibilité de constituer un ordre social pérenne ?

Prendre soin de la concorde sociale

Rapidement dit, les sociétés occidentales sont des sociétés de l’autonomie et les sociétés africaines, sur une grande partie du continent, sont des sociétés du lien. Constituées de monades autonomes, individuées, réputées « égales en droit », les sociétés occidentales fonctionnent sur un pacte social établi par et entre ces monades. Le vote anonyme et confidentiel où, quel que soit son âge, son genre, sa fonction, sa position sociale ou familiale, chacun compte pour un, scelle ce pacte quand il prend la voie démocratique.

Incapables de penser qu’on puisse s’organiser autrement que par le mode « universel » (impérial) dont ils sont enfants, les tenants de la science occidentale ont projeté sur l’Afrique leurs formats de pensée et leurs catégories politiques. Nations d’Europe, donc nations africaines ? Non, le terme nation est ressenti comme trop révérencieux pour les formations sociales de cette humanité présentée par le dominant comme inaccomplie. Ethnie suffira, sous-nation. Une science a été inventée pour ça : ethnologie, sociologie des sociétés primitives, aujourd’hui appelées à s’élever au rang de nations démocratiques après que leurs territoires ont été désossés, que leurs liens extraterritoriaux ont été ignorés, en partie déchirés. Ethnie est un mot français de racine grecque. Sa consécration en concept explicatif des sociétés africaines est un processus inscrit dans le mode d’emploi de la domination. L’Occident s’est donné mission de nommer l’Afrique sans considérer la façon dont elle se nommait elle-même et sans même imaginer qu’il puisse lui-même être nommé par l’Afrique, que peut-être il en apprendrait quelque chose.

La révélation de cette supercherie m’a saisi un jour, au détour d’une conversation où je m’interrogeais sur la traduction du mot ethnie dans la langue bamanan. Voile d’hésitation dans le regard de mes interlocuteurs bamananphones, puis un timide shi, un shiya mal assuré… En tout cas, pas de transcription s’imposant d’évidence. Shi n’est pas ethnie. On le traduit parfois par le mot race, au sens où l’on disait la race des rois de France. Peut-être lignée. Grattons. M. Traoré (Tarawélé avant que l’oreille coloniale ne déforme ce patronyme en Traoré pour l’enregistrer commodément dans son état-civil) porte un nom emblématique et prestigieux de l’ethnie bamanan. Mais il est de la même shiya que Diop le Wolof, Ouattara le Sénoufo, Compaoré le Mossi ou le Bwa Dembélé. Tous se reconnaissent dans la prolifique lignée de Tura Makan, héros du XIIIe siècle qui joua un rôle important à la fondation du Mali classique. Je peux saluer M. Diop du nom de Traoré. Il saura de quoi je parle, de qui je parle. La trame tient déjà par deux fils. Être wolof n’est pas rien. Être Diop ou Traoré n’est pas rien. Si je suis Diop ou Traoré, je sais aussi qu’une alliance séculaire me lie puissamment aux Diarra ou aux Ndiaye (versions bamanan et peule ou wolof de la même shiya, lignée). On transcrira communément cette alliance en parlant de cousinage. Trois fils. Il y en a cent autres. Liens d’âge, de genre, de fonction sociale, de position familiale… Chacun a son expression singulière, sa régulation singulière. Leur tissage fait la société. Ainsi, quand cette société emprunte une voie démocratique endogène, ce n’est pas à travers le vote anonyme d’individus qui au résultat s’exprime en chiffres : 57 % de suffrages, élu ; un gagnant, un perdant. C’est par une procédure complexe et publique d’élaboration d’un consensus où chacun, dans sa spécificité, aura son mot à dire, sa part à négocier et qui sera publiquement scellé non par le pouvoir, mais par l’autorité du dugu tigi. Le tissage aura tenu. Notons que cette élaboration démocratique pourtant moins longue et moins bavarde que bien des débats parlementaires est par réflexe recouverte du terme dévalorisant de « palabre ».

Mon ancrage entre France et Mali, les joies spirituelles que j’en ai tiré, me portent à dire que ces mondes ne sont pas étanches, qu’ils ont des choses à se dire, à partager, pour autant qu’on en reconnaisse l’égale légitimité, à témoigner que ce partage ne dissout pas leurs puissantes singularités, mais les enrichit assurément.

Merci les enfants !

Pour terminer (mais pas pour en finir), une situation vécue. Les jeunes Maliens avec qui je travaille dans le champ culturel sont tous dotés d’un téléphone dont ils ont fait leur terminal informatique et dont ils usent avec une adresse surprenante, comme si l’informatique était pour eux une langue maternelle. Ce sont certains de ces jeunes qui ont mis au point l’application de l’éditeur numérique BiBook qui porte une petite révolution dans l’accès de l’Afrique à la lecture. En même temps qu’ils plongent avec délice et virtuosité dans cet univers fondé à sa source sur la relation binaire du langage informatique – 1.0, 11.0, 0.1… – on en voit beaucoup prendre de la distance avec les religions importées et imbibées de l’opposition platonicienne entre esprit et matière – islam, christianisme –, se rapprocher de la matrice africaine de la pensée pour laquelle la divinité et le cosmos se confondent, où le bien et le mal sont pris dans ce tissage. Ici, binaire se conjugue avec dual. Binaire est fondé sur la conjonction de coordination ou : c’est vrai ou c’est faux, pas les deux. Dual se construit à partir de et, complémentarité de la vie et de la mort, de la lumière et de l’obscurité. Pour la spiritualité ancienne de l’Afrique, la divinité-univers est père et mère, masculine et féminine. Pas de Pater omnipotens. Je fais l’hypothèse que cette féconde relégitimation des sources africaines de la pensée humaine, cette ambiance de relégitimation a un lien avec la confiance en soi qui leur a permis de s’emparer d’une richesse technologique née ailleurs et de l’enrichir sans complexe dans un quartier bamakois, avant de la rendre au monde par le World Wide Web. Moi qui ai l’âge d’être leur père, voire leur grand père, ça me donne à penser. Merci les enfants !

[1] Le Giaf, Groupe initiative Afrique, est un think tank qui réunit des personnalités africaines ou liées à l’Afrique.

[2] Alassane Mamadou Ndiaye est responsable de programme à l’Organisation Internationale de la Francophonie.

[3] Avant de publier ce texte, je l’ai soumis à deux personnalités qui ont longuement labouré les terrains où il a germé : Janine Guespin, professeur émérite de microbiologie à l’Université de Rouen, auteur de l’essai « Emancipation et pensée du complexe » (Editions du Croquant) ; Fodé Moussa Sidibé, enseignant-chercheur à l’Université du Mali et spécialiste du patrimoine culturel du Manden. Merci de leur précieux apport. En espérant qu’il le retrouveront dans le texte ici proposé.

[4] Les donso sont une société initiatique multiséculaire du Manden, souvent et improprement traduit par chasseur, en raison de leur activité cynégétique qui est un élément important de leurs pratiques.

[5] Rarement utilisé, un autre substantif – taya – peut désigner l’appartenance (n’ta do, c’est à moi), mais il me semble avoir une destination plutôt utilitaire, submergée dans le sens commun par la responsabilité exprimée dans tigiya.

[6] Dugutigi est généralement traduit par chef de village, traduction inappropriée. Dugu désigne l’existence politique d’un territoire, qu’on retrouve dans la notion hellénique de polis, cité. Le mot s’applique tout autant à une petite localité qu’à une capitale. Et tigi n’est pas exactement chef, plutôt responsable comme le propose ce texte, dépositaire d’une autorité plutôt que d’un pouvoir.

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