LE DISCOURS QUE N’A PAS PRONONCE JEAN-LUC MELENCHON

23 avril 2017. Premier tour de l’élection présidentielle qui portera Emmanuel Macron à la tête de l’Etat. J’ai personnellement voté avec le courant de la France insoumise pour Jean-Luc Mélenchon. Cette force alternative atteint presque 20 % des voix, une progression saisissante. Mais, après une longue attente, Jean-Luc Mélenchon fait une curieuse déclaration. Dépité, amer, proche de contester les résultats annoncés, il assume le risque de ne pas appeler à donner le plus faible score possible au Front National, qualifié pour le second tour, en usant du seul bulletin encore à disposition et qui porte le nom d’Emmanuel Macron. Il n’indique pas même ce que lui fera. Durant plusieurs jours et malgré la gravité de l’enjeu, il se mure dans le silence. Ce choix dépressif n’était pas le seul possible. La petite fiction politique proposée ici en imagine un autre. Pour alimenter un débat qui survit à l’élection.

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Chers compatriotes, chères sœurs et frères qui ne partagez pas notre nationalité mais contribuez éminemment par votre travail au bien être de notre pays,

Si vous me voyez devant vous si détendu, presque joyeux, c’est parce que ce scrutin porte quatre bonnes nouvelles. La première excellente nouvelle – permettez-moi de m’en considérer comme partie prenante – est très inattendue si l’on se place seulement quelques semaines en arrière : la claire contestation de l’ordre capitaliste retrouve sur mon nom une position équivalente à celle de la droite classique et très supérieure à celle du parti socialiste. Je ne vous infligerai pas le pensum de détailler les chiffres, mais allez voir, vous découvrirez que dans beaucoup de collectivités, la France insoumise fait la course en tête ; c’est donc possible. Deuxième excellente nouvelle : le Front National de Marine Le Pen, qu’on annonçait en première place depuis plus d’un an, est significativement dépassée par un candidat dont on sait que je ne partage pas les options, mais qui a participé comme moi à des gouvernements socialistes et fait partie de ce qu’il est convenu d’appeler « l’arc républicain ». Troisième bonne nouvelle, le nouveau cours du monde a bousculé les deux anciens partis qui se pensaient inamovibles et nous contraignaient à l’éternelle répétition du même. Quatrième bonne nouvelle, beaucoup de nos compatriotes de droite ont déserté leur candidat naturel pour des convictions morales qui les honorent et qui honorent notre peuple.

Je suis déçu, je ne vous le cache pas, de ne pas être au second tour. Il s’en est fallu de peu. Déçu également de n’avoir pas dépassé la famille Fillon, mais c’est d’un cheveu. Cela dit, je ne crois pas aux théories de la fin de l’histoire et j’applique ce scepticisme à l’échéance finale de l’élection présidentielle. Les idées que je porte au nom de ceux d’entre vous qui les partagent ne mourront ni d’une élection de Marine Le Pen, ni de celle d’Emmanuel Macron. En revanche, je suis très sensible à une réalité qu’aucune théorie ne peut dissoudre. Notre nation, notre peuple sont en partie composés de personnes placées dans le viseur du racisme et de l’ambiance toxique qui entourent le Front autoproclamé « National » : les Noirs, les arabes, les juifs, les musulmans, les « autres ». Il est clair que chaque point de pourcentage obtenu par Marine Le Pen leur dira : nous ne vous aimons pas ; nous vous préférons dehors que dedans. Pour cette raison très simple et pour moi très forte, je mettrai le 7 mai dans l’urne le bulletin sur lequel sera inscrit le nom d’Emmanuel Macron, avec la conviction que si le score de Marine Le Pen est faible, celles et ceux qui par millions sont visés par le racisme y liront un message d’unité et de fraternité envoyé par la nation.

Je vous livre mon choix, car je n’ai pas de cachoterie à vous faire. Cependant, je veux dire de la façon la plus ferme que cette confidence ne constitue pas une consigne de vote. Je sais que beaucoup de ceux qui ont soutenu La France insoumise et ma candidature s’orientent plutôt vers un vote blanc ou nul, voire l’abstention. Ils ont des arguments pour ça. Des arguments solides. Et je me garderai bien de prendre appui sur mon choix personnel pour les culpabiliser, les présenter comme complices du fascisme comme je le lis dans certains argumentaires, faire d’eux des supplétifs du FN, ce que dément leur action quotidienne. J’ai la responsabilité de maintenir l’unité et la dynamique des sept millions d’insoumis qui portent l’espoir de transformations urgentes et profondes. Parlons-nous. Echangeons fraternellement nos opinions. Le temps venu, rendons compte publiquement des proportions dans lesquelles nous nous répartirons sur cette question. C’est un élément du débat qui comptera pour déterminer les formes de notre action future.

Cette précision apportée, permettez moi d’argumenter moi aussi en toute amitié avec ceux qui ne partagent pas mes conclusions et soyez sûr que de mon côté, je les écouterai attentivement. Trois éléments m’ont conduit à faire ce choix. Tout d’abord, je crois que le risque d’une surprise à la Trump existe. Le FN victorieux, c’est affreux pour la France. Mais Marine Le Pen perdant l’élection à 46 ou 48 %, ça aussi c’est un risque énorme pour l’avenir, car en plus de constituer une gifle monumentale pour ceux d’entre nous que vise le racisme, ce serait installer dans les esprits l’idée qu’après tout, la perspective d’une victoire les Le Pen est dans l’ordre des choses.

Ensuite, je suis très troublé par un fait historique souvent oublié. Lorsque dans les années 30 les nazis arrivent au pouvoir, le programme antisémite d’Hitler est très loin d’évoquer la solution finale. Il tient en gros en deux points : la « préférence aryenne » ; l’expulsion des juifs étrangers. Puis, une fois la digue du racisme rompue, l’engrenage se met progressivement en marche jusqu’à l’horreur qu’on sait. Les situations ne sont pas les mêmes et les comparaisons historiques sont a prendre avec précaution, mais malgré tout, la préférence dite nationale et les expulsions massives d’étrangers que nous promet le FN si le suffrage populaire apporte légitimité à ces perspectives, cela ouvre sur des risques potentiels que je préfère éviter.

Enfin, dans les argumentaires de certains de mes camarades, j’entends beaucoup accoler au nom d’Emmanuel Macron le qualificatif d’ultra-libéral : pas de choix possible entre le danger de la dictature fasciste et la menace d’un capital libéré de toute entrave. Je vais vous étonner, mais je ne crois pas que ce soit juste et je pense que ça introduit une confusion nuisible aux actions que nous devrons mener contre sa politique s’il est élu. Emmanuel Macron n’est pas ultra-libéral pour une raison très simple : dans l’état actuel des choses, aucun projet répondant à cette qualification n’a la moindre chance de réunir en France une majorité. Quel est l’homme ou la femme politique qui peut se faire élire en proposant par exemple la suppression de la sécurité sociale et de l’école publique, deux remparts massifs contre le monopole de la gestion capitaliste ? Le rapport de force profond, hérité des grands moments d’insoumission de notre histoire, la fondation de la République, la libération du nazisme, a mis au cœur de notre civilisation française et intériorisé dans les convictions de notre peuple ces hautes inventions politiques solidaires. Macron est un social-libéral dans la veine d’un Hollande ou d’un Valls. Il a les dents longues et va, comme ses collègues, se croire contraint de ronger les piliers de la solidarité sociale. Ça suffit à mériter notre opposition déterminée. Nul besoin d’en rajouter. Nous sommes là, nombreux, déterminés, convaincants, et nous allons sans attendre émousser les dents du rongeur. Nous nous appuierons sur la profonde adhésion du peuple à ces institutions qui échappent à la logique du libéralisme et qui rendent impossible à Emmanuel Macron comme à tout autre de prôner en France un programme ultra libéral.

La sécurité sociale, l’école publique, le droit du travail, l’économie mutualiste sont de précieux héritages et d’efficaces boucliers contre le cauchemar ultra-libéral. Mais nous ne sommes pas condamnés à une guerre de tranchée et à la défensive. Si le magnifique mouvement des insoumis est parvenu à convaincre avec tant de force, notamment dans la jeunesse, c’est aussi, c’est surtout parce qu’il porte concrètement d’innombrables innovations alternatives et qu’il dément en acte la soumission dépressive au libéralisme. J’ai parcouru la France. Ces innovations, je les ai vues et elles m’inspirent. Ici la gratuité des cantines scolaires ou des transports publics, là la mobilisation de geeks engagés pour le partage du travail et du savoir grâce au logiciel libre, ailleurs l’invention de règles de management qui substituent la coopération intelligente à la concurrence de tous contre tous, dans certaines vallées la multiplication des foyers de « frugalité heureuse » comme leurs adeptes le disent joliment, un peu partout des projets associatifs qui organisent des fonctions sociales sans avoir besoin qu’on les gouverne d’en haut. Aujourd’hui, dans notre France, les initiatives de solidarité avec les réfugiés sont sans doute plus nombreuses que les violences racistes. Aujourd’hui, l’idée que la police, la loi, l’Etat et la réprobation pudibonde surplombent les lits où nous nous aimons comme nous le sentons est en recul. Ces réalités vous paraissent peut-être parcellaires, disséminées, hétéroclites. Elles le sont. Elles vous semblent peut-être bien légères par rapport aux luttes classiques pour le pouvoir d’achat, contre le chômage et la dérégulation. C’est possible et notre mouvement restera très fermement, très massivement aux côtés de ces luttes. Mais ces foyers d’émancipation humaine ont l’avantage de nous montrer que l’invention du monde n’appartient pas à ses maîtres actuels, qu’elle peut être douce, humaine, joyeuse, imaginative.

Je vous propose, dans les mois qui viennent, d’en faire l’inventaire, de les mettre en réseau, d’établir entre elles des cousinages sans jamais effacer leurs riches singularités, ni contraindre qui que ce soit à s’aligner sur l’une ou l’autre. La « frugalité heureuse », moi, ce n’est pas trop mon truc. Mais l’énergie qui anime ceux qui la font vivre, oui, je trouve qu’elle ressemble à celle qui électrise tous ceux qui veulent un monde où ni la puissance de l’argent, ni la force des armes, ni la … de la planète, ni l’empire de l’Etat fut-il républicain ne dictent notre quotidien. Contaminons-nous les uns les autres. Faisons en sorte que toutes ces énergies positives se rassemblent clairement chaque fois que l’une ou l’un d’entre nous est jeté dans la précarité, la pauvreté, le désarroi. Les ouvriers que les jeux de l’argent fou transforment en variable d’ajustement de la mondialisation capitaliste doivent savoir que leur combat pour la dignité et le bien-être rejoint les inventions sociales les plus novatrices, qu’il en est partie prenante. Le frugal qui se voue au seigle et aux épinards doit accepter que son choix entretienne une certaine parenté avec la mobilisation du salarié pour l’augmentation d’un pouvoir d’achat qu’il ira dépenser dans les super-marchés. Cette parenté, c’est le pas que font l’un et l’autre contre l’infantilisation qui veut qu’on se vende au capital sans mot dire ou qu’on se laisse envoûter par la consommation.

Je vous ai dit tout à l’heure que classer Emmanuel Macron parmi les ultra-libéraux ne nous aidait pas dans l’action. Le monde a perdu les repères qui se sont peu à peu imposés depuis cinq cents ans avec le règne de la modernité impériale et la domination de l’Occident sur le monde. En place des repères engloutis, le nouveau monde nous laisse entrevoir des germes. C’est ça la joie, la singularité, la fécondité, l’avenir de la France insoumise : refuser de nous aligner sur des repères éteints, entourer de nos soins les germes d’un monde naissant. Puisque, fussent-ils « progressistes », les repères du vieux monde sont désormais inopérants, peut-être même nuisibles, les germes poussent un peu au hasard des situations : parcellaires, disséminés, hétéroclites. N’en ayons pas peur. J’ai inscrit dans notre programme la gratuité et le bio pour les cantines scolaires. C’est une très belle perspective : nourrir solidairement nos enfants, les nourrir bien, les nourrir à égalité sans assistés ni assistants. La première fois que cette belle réforme a été largement popularisée par la presse, c’est à Drancy, quand elle a été mise en place par le centriste qui venait de défaire une municipalité communiste. L’agglomération de Chateauroux est dirigée par des élus Les Républicains et depuis plus de quinze ans, elle a institué la gratuité des transports publics qu’elle défend bec et ongle. On prend ou on laisse ? Quand Emmanuel Macron propose des classes de douze élèves dans les quartiers les plus abîmés par l’injustice sociale, c’est une très bonne idée. Il va l’enrôler dans la propagande d’un programme globalement favorable à la soumission progressive de la société au libéralisme. Et nous on va l’en empêcher en prenant appui sans complexe sur cette bonne mesure, en lui donnant sens parce que nous la relierons à toutes les expériences de résistances ou d’innovations qui montrent qu’on peut vivre autrement que sous l’empire de l’argent fou. Une innovation émancipatrice, plus une, plus une autre et une autre et une autre… Gageons que nous saurons ensemble y donner sens et puissance.

Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai voulu vous dire clairement ce que j’allais faire dans l’isoloir le dimanche 7 mai et respecter à la fois les choix de ceux d’entre nous qui feront autrement. Je crois aux arguments que je vous ai donnés. Je sais que vous les entendrez avec respect, que certains les suivront, d’autres non, dans les deux cas sans soumission. Je crois que nous en sortirons forts et unis pour les temps qui s’annoncent.

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34 réflexions sur “LE DISCOURS QUE N’A PAS PRONONCE JEAN-LUC MELENCHON

  1. Bonjour et merci pour ce texte, dont je partage la quasi totalité des éléments (mettre l’appui sur le caractère positif du résultat et de la dynamique, critique de la vision ethnico-religieuse du peuple du FN). En revanche, je pense que vous faites erreur de minimiser Macron, son programme, ses intentions et ses soutiens, ainsi que sur l’analyse plus global qu’il faudrait porter. Le programme de Macron porte en effet un niveau de libéralisme économique sans précédent en France, en poursuivant les politiques libérales menées depuis 40 ans ( cadeaux pour les riches (ISF et forfaitisation de l’impot sur les revenus du capital), baisses supplémentaires des dépenses publiques, approfondissement de l’intégration de l’économie française à la mondialisation et à l’UE néolibéral). Ce n’est pas qu’il est plus libéral que d’autres ou que la plupart de ses propositions soient un saut qualitatif très important vers le libéralisme, c’est juste que venant après d’autres et continuant ce type de politique, son programme est de facto le plus libéral que la France ait connu (et l’on peut dire la même chose de F. Hollande, qui est allé plus loin que Sarkozy sur bien des points). Par ailleurs, sur d’autres points, la saut qualitatif en faveur du libéralisme est sans précédent, c’est notamment le cas de la réforme du marché du travail, qui conduit à un code du travail par entreprise. Au dela du programme, il y a les intentions et ce que l’on connait du personnage et de sa pensée: les pauvres et les demandeurs d’emploi? Des illettrés, alcooliques, inadapté aux emplois et faineants: il faut donc les former et les obliger à accepter un emploi. La pénibilité: il n’aime pas ce mot, pour lui le travail c’est l’émancipation. On pourrait continuer ainsi longtemps. Mais surtout, il y a ceux qui l’ont « créer », ses soutiens de la première et de la dernière heure: et là, on voit clairement que l’on a affaire au candidat du système le plus chimiquement pur, qui servira avant tout leurs intérêts (comme il l’a déjà montré par sa pratique au pouvoir).
    Enfin le plus important, c’est que c’est ce système, le PS et l’UMP et les politiques mises en oeuvre depuis 40 ans et dont Macron est l’incarnation et qu’il veut poursuivre et accelerer qui sont responsable de la montée du FN. Le programme de MAcron, ce qu’il incarne et ses soutiens, ne ferons qu’aggraver la situation des plus précaires et des plus pauvres, et faire monter la FN. Je ne dis pas que cela revient à dire que Macron/FN c’est la même chose, mais je pense qu’il est nécessaire de critiquer très fortement MAcron et ses soutiens, en expliquant qu’ils sont la cause de la montée du FN et donc que Macron ne pourra que le faire monter dans les prochaines années. Après entre la poursuite de la lutte des classes, et la perspective d’une guerre civile entre « communautés », il est clair que le choix est peut être pas facile mais doit être fait. Mais il ne faudrait pas que cela revienne à préférer les étrangers ou les musulmans, aux travailleurs français (ou blanc), même si la perspective qui s’offre aux uns et aux autres en fonction de la victoire des deux candidats ne relèvent pas du même ordre (expulsion et oppression pour le FN, misère et précarité pour Macron). Il est clair qu’entre l’expulsion et l’oppression physique et la misère et la précarité, le choix est vite fait, mais n’oublions pas le coût humain de la précarité, qui s’aggravera avec Macron et surtout le sentiment d’abandon que pourrait ressentir certains tentés (ou ayant déjà passer le rubicon) par le FN, si le discours porté n’appuyait que sur la question des étrangers et des musulmans (il faut donc également mettre à nu la supercherie d’un FN social). Au dela de cet argument, qui rend difficile de se prononcer pour Macron au risque de passer pour n’avoir rien à faire des ouvriers et employés qui votent Le Pen et souffrent grandement, la question de l’autoritarisme de Le Pen devrait être mis en avant: il sera plus facile de lutter contre un Etat Macron (ce qu’il est déjà) que contre un Etat Le Pen, qui dériverait certainement faire des formes beaucoup plus violente d’autoritarisme (rappelons tout de même le niveau de violence exercé par l’Etat sous la présidence Hollande, ainsi que l’absence de démocratie pendant ces 5 ans et le totalitarisme soft des médias).
    Bon, je pense que tout le monde est d’accord avec cela, que ça ne règle pas vraiment la question de que faire (je pense ainsi que les pourcentages n’ont aucune signification, seul le nombre de vote compte: il faudrait donc que les deux protagonistes soient le plus bas possible en terme de vote, tout en voyant Macron devant, pour que celui-ci ne se sente pas trop légitime pour appliquer son programme: si les personnes n’ayant pas voté pour ces deux là ne votent pas au deuxième tour, Macron l’emporte avec 60 contre 40%, et pour autant le nombre de vote au FN n’aura pas bouger). Je compte donc me décider en fonction de la probabilité que le FN gagne, en attendant le dernier moment et les derniers sondages: si à deux jours, l’écart est supérieur de 20pt de pourcentage, je ne donnerais pas mon vote à Macron. En cas inverse, j’irais sans hésiter.
    Bonne soirée,

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    • Merci beaucoup pour cette analyse. Je suis tout à fait en phase avec votre présentation de ce que représente la politique de Macron, un pas de plus dans la soumission à l’ordre voulu par le libéralisme, et en ce sens, il n’est pas faux de dire qu’il sera, le cas échéant, le président qui peut aller « le plus loin » dans cette voie. Je comprend, sans la partager, votre opinion sur le choix lui-même. Comme vous m’avez lu, inutile de vous redire où nous différons. Cependant, le fait que vous restiez au aguets et que votre décision dépende du niveau de la menace me semble une position qui sur le fond converge avec ceux qui, comme moi, vont un peu plus loin, qui pensent que toute voix décomptée pour le FN est une menace pour ceux qu’il vise. En tout cas, ça fait vraiment plaisir de pouvoir échanger entre points de vue solidement argumentés et fraternellement exposés.

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    • Je suis d’accord avec vous, mais en mème temps (pastiche)
      L’ue est déjà de fait totalitaire, et veux éliminer le pouvoir possiblement contradictoire des états nation, en promouvant, une fédéralisation des régions, plus faciles a contraindre individuellement.

      1) L’ue est déjà de fait totalitaire :
      Extrait du dictionnaire Larrousse. Fascisme, Régime établi en Italie de 1922 à 1945, instauré par Mussolini et fondé sur la dictature du parti unique.. – Attitude autoritaire, arbitraire, violente et dictatoriale imposée par quelqu’un à un groupe quelconque, à son entourage.
      En 2008, le gouvernement Français ratifie le traité constitutionnel de Lisbonne, ce coup d’état institutionnel, installe aux commandes de la politique Française, les oligarques non élus de l’UE. Les traités européens constitutionnalisent comme politique unique, la politique économique ultralibérale.
      Ceci permet de comprendre pourquoi voter socialiste ou républicain ne change plus rien a la politique menée par l’état, puisque de fait la France a l’obligation d’appliquer la politique dictée par l’UE.
      Nous sommes donc bien depuis 2008, dans une dictature fasciste européenne et ultralibérale, ou les médias unanimes, nous propose d’élire de temps a autres, un ultralibéral de droite ou de gauche, pourvu qu’il soit a la botte de l’UE.
      Aucun parlement (sauf le Bundestag) ne peut s’ériger contre les directives de la Commission européenne qui s’appuient sur ces traités, sauf à payer de lourdes amendes.

      Nulle part, sauf peut être en Corée du nord, une constitution ne définit la politique unique a imposer aux populations.

      2) L’ue veux éliminer le pouvoir possiblement contradictoire des états nation, en promouvant, une fédéralisation a l’UE, des régions, plus faciles a contraindre individuellement.
      2014 la réforme territoriale nous a été vendue en terme d’économies budgétaires, de compétitivité des territoires et d’adaptation à l’Europe libérale. Sans jamais approfondir ni expliciter ce qu’ils entendaient par la. Elle nous a été vendue comme une « décentralisation » mais objectivement l’on constate de par la suppression des communes et des départements, qu’il s’agit d’une « recentralisation » régionale. La plupart des grandes administrations sont maintenant régionales, et l’union européenne, négocie directement avec les régions, en intervenant au minimum avec les États. Depuis 2014, 80% des fonds européens sont gérés directement entre les régions et l’Europe.

      Les promoteurs actifs de cette fédéralisation, de « gauche » comme de droite, sont partout (France comprise) très minoritaires politiquement, et plutôt que de tenter de convaincre, ils favorisent le plus discrètement possible une uniformisation des divisions administratives à l’échelle européenne, comme unité de base d’interaction entre l’UE et ses territoires.

      L’Allemagne (toujours dérogataire) tient ses « landers » Mais le souhait de l’Europe (pour une meilleure intégration dans une Europe fédérale), reste bien une balkanisation générale des grands états nation européens. (les italiens malgré une intense pression médiatique, viennent de voter non à la suppression de leurs départements).

      Macron soutiens activement ce traité constitutionnel totalitaire, et se propose d’achever à marche forcée le travail de Hollande.

      Macron, c’est le nouveau fascisme économique totalitaire, UE / MEDEF.

      Pour mémoire, une région française, ça a le PIB de la Grèce.

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      • Pas du tout d’accord. La réalité, c’est que le rapport de force en faveur du pouvoir du capital sur la vie économique, et par conséquence sur la vie politique, s’est considérablement renforcé après l’échec de l’aventure du communisme soviétique, au point que beaucoup d’esprits s’y sont soumis comme si c’était la nature des choses. Du coup, en effet, une loi unique, un ordre unique s’est imposé. Mais si nous étions dans une société totalitaire, ni vous ni moi ne pourrions avoir cet échange. En même temps, les germes d’un monde nouveau, post-moderne, post impérial, sont nombreux. Je pense que c’est là que murit la vraie menace contre l’ordre actuel, et en tout cas pas dans les admonestations hyperboliques que je crois vaines, porteuses d’impuissance et de découragement. Nul besoin de définir l’UE comme un régime totalitaire pour faire naitre de nouvelles pratiques alternatives, terreau de la modification tellurique portée par l’agonie de l’empire occidental, la crise écologique et les délires de la finance. Je pense que c’est plutôt un frein, même si ça fait toujours un peu plaisir d’envoyer des épithètes salées à un adversaire.

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  2. Excellent ! C’est vrai qu’il aurait été bien inspiré de dire ça le soir du premier tour.
    Nobody’s perfect : don’t croyons comme des cons tout ce que dit le Mélenchon 😉

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  3. Si Mélenchon dit cela, dans l’heure qui suit, les médias titrent « Mélenchon appelle à voter Macron ». Tout le reste passe à la trappe. Cf. la récente prise de position de François Ruffin et le texte dans lequel il raille l’écho médiatique qui lui a été donné (www.francoisruffin.fr/whirlpool-le-pen-macron-et-mon-vote).

    Mélenchon ne veut pas se rendre propriétaire de sa candidature. Tout choix exprimé de sa part sera interprêté comme une consigne de vote, et engagera le mouvement qu’il représente. Donc il ne dit rien (enfin, sur son vote au second tour en tout cas, parcequ’au final il dit beaucoup de choses), et laisse son mouvement s’exprimer (via la consultation).

    Est-ce donc si difficile à comprendre ?

    A Marseille, au public qui scandait « Mélenchon Président ! », il a demandé d’arrêter avec cette manie, rappelé qu’il n’était pas un gourou et eux pas des dévots, qu’ils portaient tous un programme « en commun », que lui faisait sa part de travail et que chacun devait faire la sienne.

    Aujourd’hui il est dans la continuité de cette pensée.

    C’est clair et cohérent.

    Et mon dieu que ça fait du bien.

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    • Vous avez lu la façon dont j’ai essayé d’imaginer un propos qui serait à la fois très clair, de nature à éviter toute confusion, et en même temps respectueux des bons principes que vous rappelez dans votre commentaire. Nous ne sommes pas d’accord sur un point :nous n’aocordons pas la même priorité à ce qui pour moi est le plus déterminant, le danger de la menace FN. Mais comme nous la ressentons néanmoins l’un et l’autre, la question est aujourd’hui de trouver le moyen, après le vote, de la réduire ensemble le plus possible.

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      • Merci d’alimenter ainsi le débat. Je trouve le texte que vous nous proposez ici intéressant sur la fin, où il permet notamment de bien visualiser le programme de la France insoumise et pour ce qui me concerne, de me conforter dans mon vote pour ce courant. Par contre, je suis gêné par le ton péremptoire, les figures de style un peu kitsch et le zest de parano qui encombrent le début de la démonstration. Ces points de vue habillés en évidences sonnent pour moi dans une tonalité que je retrouve dans la prose populiste et dont je crois qu’il est prudent de se méfies.

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  4. Il y a des choses que je veux bien entendre mais ça ressemble quand même à une mauvaise contrefaçon: Si Mélenchon ne dit pas cela, ou d’ailleurs autre chose, c’est parce que les insoumis attendent ce silence de sa part sur ce sujet, il a fait son boulot, et bien fait, tout le reste n’est que manipulation, les insoumis sont assez grands pour prendre individuellement des décisions sans Mélenchon, pour se rassembler et essayer de trouver de nouvelles forces en dehors du FN ,de la glu LR et PS et de l’extrème finance, ils viennent de le démontrer brillament!

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    • Non pas « les » insoumis, mais « certains » insoumis. Moi, face à la menance FN, je n’attends pas le silence. La France insoumise a mis sur la table trois options : voter Macron, voter blanc ou nul, s’abstenir. Sur cette question, en effet, il est très sain d’affirmer que le camarade Jean-Luc n’est pas un gourou, mais un insoumis parmi d’autres. Je trouve donc qu’il est tout à fait juste qu’il dise et explique son choix du 7 mai. J’ai tenté de montrer comment une telle clarification, que je ressens comme cruciale, pouvait se dire sans contrevenir à la liberté de choix. Je ne vous ai pas convaincu. Ce n’est pas l’apocalypse. E vous, vous comptez faire quoi ? Et pourquoi ?

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  5. Certains auraient aimé qu’ils soient meilleur le soir même. Je pense qu’il était fatigué et sous le coup de la défaite.
    Toute incitation à voter « Macron » m’aurait fortement déçue comme lorsqu’il a incité à Voter Hollande.
    Pour ma part j’hésite beaucoup entre les 3 options : Blanc, Nul ou Abstention.
    Mais, je ne pourrais pas voter pour un programme qui me paraît détestable, j’ai donné une fois avec Chichi, c’est bon, plus jamais.
    Je m’étais abstenu au second tour il y a 5 ans. Conscient de la « feuille de route » de Hollande, de ses idées, des personnes autour de lui ; on ne pouvait croire à ces belles paroles. Je n’ai pas été surprise de la politique menée dans la ligne du gouvernement précédent.
    Optimiste, la victoire d’un éfhaine me paraît hautement improbable à moins d’un niveau d’abstention de plus de 50% ; est-ce ce vers quoi l’on se dirige ? Et avec un tel taux, les élections ne devraient-elles pas être annulées ?
    Qui que le suffrage désigne, je serai contrainte d’accepter la situation. Je continuerais de lutter contre la résignation quoi qu’il en soit.
    Si  » les Noirs, les arabes, les juifs, les musulmans, les « autres » » s’intéressaient à la politique et votaient en conscience, et les « geeks », aussi et puis les blancs, les chrétiens et les femmes et les hommes – et toutes les étiquettes que vous voudrez faire porter aux humanités sœurs – et pas que tous les 2 ou 5 ans…
    Si les vieux du bocal ne regardaient plus la télé-propagande…
    Et si le nombre d’or gagnait les législatives ?
    Et si… et si…
    Et si on mettait Paris en sourdine…
    et si on votait… ou pas… ou si… ou nul… ou rien…
    Pour, la suite !
    Présents.

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    • Ce que j’aime dans votre propos, globalement un peu dépressif, c’est qu’il témoigne que les prises de position des uns et des autres mettent de l’électricité dans les neurones.J’aime aussi, mas ça va ensemble, que vous n’ayez pas encore choisi et que vous le disiez clairement. Par contre, contrairement à vous, je n’ai pas vu dans le vote du premier tour une « défaite ». Les quasi 20 % qui se sont réunis sur la France insoumise + Hamon + Poutou + Arthaud, c’est un renforcement inattendu et exceptionnel de la gauche alternative. Pour l’instant, encore pas mal de confusion dans ce rassemblement, mais on peut dire que la gauche retrouve ses esprits, largue les amarres avec son boulet « social libéral » et peut (ou non) s’engager dans une passionnante aventure de reconstruction.

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      • Merci, pardon pour le côté dépressif : un effet d’après résultats j’imagine. Je répondais à certains commentaires en effet et au ton de votre billet ;), en toute bienveillance.
        En effet, je vous rejoins le score de la « regauche » est une grande victoire, mais il n’empêche qu’elle n’est pas qualifiée pour le second tour. Et je pense que « Jean-Luc » devait être déçu sur le moment comme d’autres.
        Je ne sais si sa maigre intervention du soir même fut une erreur tactique ou non, l’avenir (en commun) nous le dira ; toutefois, j’ai ressenti sa position comme cohérente et respectueuse des diversités de ses soutiens. Comme le montre, je pense, le résultat de la consultation des inscrits de la plateforme.
        https://lafranceinsoumise.fr/2017/05/02/resultats-de-consultation-second-tour-de-lelection-presidentielle/
        Le relatif silence qui a suivi aura pu avoir quelques effets positifs, à mon humble avis :
        – mettre à nouveau en lumière l’inconsistance irrationnelle de certains médias (même si on pourra reprocher à « Méluche » de nager à contre courant ‘à ses dépens’).
        – laisser l’occasion à d’autres membres de la F.I. d’être entendu lors de passage médias.
        – mettre les médias face à leur responsabilité dans leur jeu de l’almagame Front de Guache/France Insoumise = FN, comme JLM l’a fait lors de son passage sur TF1.
        – et surtout, faire tomber « Marine » dans le piège d’essayer de draguer les électeurs de la France Insoumise.
        Sur ce dernier point, je pense que cela peut faire bien mal au FN, sur le long terme, pour peu que les gens s’informent un peu et réfléchissent.
        On en revient à la stratégie de l’adhésion d’une force consciente et éduquée plutôt que l’hypnotisme de masse. Comme disent Ruffin et sa bande : « À la fin, c’est nous qu’on va gagner ! » Ce qui est grammaticalement faux mais c’est bien vrai que nous y allons vers cette victoire.
        Tous présents et conscients à « l’oral de rattrapage » (cf Todd E. dans dernière émission (28/04/2017) d’Arrêt sur images) pour donner 25-30% (plus ? On peut rêver) de sièges à une « gauche de gauche » les 11 & 18 juin prochains !

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  6. Pas d’accord pour voter pour celui qui va achever de massacrer économiquement et socialement les familles des quartiers. Et couvrira son sociocide à la grecque en cooptant 1000 responsables associatifs anti-racistes pour que 1000 SOS Racisme et 1000 Ni Putes ni Soumises fleurissent. Votre focalisation sur le racialisme au détriment de l’économie vous égare. Macron est d’ores et déjà élu et c’est lui le danger. Vous voterez Macron ? Vous aurez Macron et Le Pen, comme Hollande et Valls à la puissance 1000.

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    • En effet, nous ne sommes pas d’accord. Un point de style tout d’abord, fréquent chez les gens qui plaident pour dissuader de mettre dans l’urne le bulletin Macron, et qui n’est pas pour moi anodin et me semble engourdir la réflexion : l’usage immodéré de l’extrême hyperbole. « Achever de massacrer », « sociocide », « puissance 1000″… ? Vous avez sans doute voulu dire « poursuivre l’abaissement économique et social des familles vivant dans les quartiers populaires ». La démission pluri-décennale des pouvoirs élus qui ont abandonné l’idée d’opposer la loi du peuple aux lois du marché risque en effet de se poursuivre. Encore qu’au moins une mesure, proposée par Emmanuel Macron, aille dans le bons sens : les classes de 12 élèves. Placer toujours au taquet les qualificatifs portant l’indignation a au moins un gros inconvénient : nous empêcher de faire par exemple la différence entre ce que propose Macron et ce que proposait Fillon. Quand on a présenté un programme de centre droit comme « ultra libéral », on dit quoi d’un programme de droite qui multiplie par deux ou trois l’effet des mesures proposées, par exemple l’étendue de la purge dans la fonction publique ? Ultra-super-hyper-méga libéral ? Jean-Luc Mélenchon a été très bien inspiré de demander à Macron de « faire un geste » en direction des Insoumis en modifiant son projet de rabotage du droit du travail. Il parle là du réel, un réel dans lequel nous sommes debout, actifs, puissants, ce qui peut, comme on l’a souvent vu, faire reculer ce type de projet et nous fixe un objectif d’action. Quant aux milliers de responsables associatifs contre le racisme et les discriminations de genre, j’avoue que ça m’avait échappé, mais en quoi c’est scandaleux ? Marine Le Pen reprend aujourd’hui des pans entiers du programme des Insoumis. Ne la croyez pas. Si elle passe, vous aurez un capitalisme assumé, la répression anti-syndicale, plus les discriminations raciales, plus la mise au pas de la vie culturelle, etc. Si comme vous le dites, j’étais victime d’une « focalisation sur le racialisme (sic) au dépend de l’économie », je n’aurais pas voté France insoumise au premier tour. J’ai pris au sérieux l’invitation faite par notre mouvement politique de refuser absolument le vote FN du fait de ce qui se nomme racisme (pas votre bizarre racialisme) et de choisir librement entre les trois solutions jugées compatibles avec notre projet : le bulletin Macron, le vote nul ou blanc, l’abstention. J’ai choisi. J’argumente. Je ne suis pas certain que ce soit moi qui m’ « égare ».

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      • Le problème est que « sociocide » est une expression qu’utilisent les Grecs. Or le programme de Macron n’est pas dans la continuité de la régression des droits économiques et sociaux. Il est dans « le passage » à l’UE bancocratique et le laboratoire s’appelle la Grèce. La politique de destruction de l’Etat social grec, dont Macron est totalement complice (Memorandum III) a déjà fait des milliers de MORTS. Le problème est donc que vous estimez totalement ce dont sont capables ces gens-là… Or ces gens-là sont d’ores et déjà élus. Le Pen n’est là que pour neutraliser 25% du corps électoral et empêcher une force de changement social d’arriver au pouvoir. Elle est d’ailleurs autant promue que Macron, comme croque-mitaine, par la presse des trustees de Macron Inc. C’est en résistance contre celui qui EST DEJA ELU qau’il faut entrer. Pas contre la menace fantôme. Car que je sache, c’est Sarkozy et Valls qui ont fait la politique de Le Pen jusqu’ici. Et son agenda socialement mortifère, vous croyez qu’il va le faire passer comment Macro ? Ben avec les mêmes moyens. En attisant le racisme et en montrant que la BAC protège les « honnêtes gens », par le gouvernement de la peur contre le terrorisme. Sauf que l’état d’urgence est déjà là et qu’il va gouverner par ordonnances. La vraie menace est là. L’autre n’a aucune chance d’advenir.

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      • La situation globale du monde est plus grave encore que ce que vous dites, quand on considère la façon dont l’ordre régnant pilote la planète. De la Grèce, je ne connais que ce que j’en lis. Mais je vis entre la France et le Mali. Là-bas, l’héritage colonial, l’ajustement structurel, les crises institutionnelles à répétition qui en découlent établissent un déséquilibre vertigineux avec un pays comme la France : espérance de vie 58 ans contre 82 pour la France. Il n’est pas absurde de faire le décompte des morts prématurées dues à cette injustice, ni d’en incriminer l’organisation actuelle des sociétés humaines. Mais c’est faire un raccourci un peu raide que d’en faire porter la charge au résultat du 7 mai. Si Jean-Luc Mélenchon avait été élu, ce qui était mon souhait, ce vote n’aurait constitué qu’une modification relative du rapport de force profond avec lequel il aurait dû compter comme devra le faire Emmanuel Macron. Chacun comprend et d’une certaine manière admet que l’élection de JLM n’aurait pas eu d’effet immédiat sur le taux de mortalité infantile et maternelle au Mali, ni même sur les maladies de la misère infligées aux Grecs par l’immonde politique qui leur a été appliquée. Votons sans nous rendre respectivement responsables ni de l’avénement du fascisme ou du déséquilibre du monde. Quel que soit le résultat, réunissons-nous pour travailler vigoureusement à le redresser, c’est à dire aussi à entraver son assujettissement croissant aux délires de la finance.

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  7. Très beau texte de fiction politique mais ca ne sert à rien de réécrire l’histoire. Mélenchon n’a pas dit ça et je ne suis pas qualifié pour le juger. Tout ce que je sais en tant qu’électeur de la FI est que
    je vais voter FI aux législatives. Macron est quasi certain d’être élu alors qu’on arrête de nous bassiner avec des appels à voter machin ou machine, chaque électeur est libre en son âme et conscience. Pour ma part il est clair sauf pour les imbéciles que Mélenchon va voter Macron. C’est son choix pour ma part ce sera blanc en mon âme et conscience.

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    • Pourquoi vous sentez-vous « bassiné » quand un de vos camarades argumente sur un des choix qui est proposé à la discussion des insoumis ? Désolé aussi de faire partie des « imbéciles » qui n’ont pas le code pour entrer dans les secrets de JLM. Et merci de dire clairement votre opinion, même si un argumentaire raisonné et fraternel aurait servi à tous, moi compris. Car la divergence effective que nous avons ne m’empêche pas de comprendre que je partage beaucoup avec des gens qui évaluent la situation autrement que moi. C’est aussi pour ça que je répond diligemment à tous ceux qui ont pris la peine de donner leur point de vue sur un texte qui, à ma grande surprise, a été consulté plus de 3000 fois depuis un jour et demi qu’il est en ligne.

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  8. Vous imitez bien Mélenchon… Cela a peu de sens de réécrire un discours. Mélenchon a dit ce qu’il a dit, on peut en discuter, mais pas refaire l’histoire. Tous nous voudrions que Macron tienne un autre discours que cette posture qui se gargarise déjà de notre « adhésion » et qui additionne aujourd’hui des symboles antifascistes pour nous faire oublier son programme. Mais cela n’a pas de sens de l’écrire. Votre vision de ce futur quinquennat (de « lutte » ou de « jolies alternatives ») est trop optimiste. Dites-vous bien qu’il nous faut voter avec Macron pour une 2e Mme Thatcher, pour un 2e Mr Trump. Valls a ouvert la voie, et ce sera pire.

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    • Les gargarismes d’Emmanuel Macron ne dirigent pas mes actes. Lui, comme moi, comme tout le monde savons bien que dans la situation actuelle, une bonne partiee des voix qui se porteront sur lui dimanche ne sont pas des votes d’adhésion. C’est un élément du rapport de force dont lui, et moi, et tout le monde devra bien tenir compte. Merci de votre réaction. Nous n’évaluons pas la situation de la même façon. C’est aussi une richesse de notre mouvement. J’espère que ce que vous appelez mon optimisme sera sanctionné par les faits. Rien, en effet ne le garantit. Mais le pire n’est jamais sûr et l’action dépend de nous.

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  9. Merci pour ce texte.
    J’aime énormément votre point pour préciser que Macron n’est pas ultra libéral. Je pense que vous avez raison, et que les insoumis (dont je suis) ont une tendance à la diabolisation de Macron.
    Par contre je ne vous rejoint pas sur votre idée selon laquelle la somme des actions locale feraient une propagation transformatrice. Je pense que seule la transformation du cadre économique et/ou institutionnel peut provoquer un changement significatif dans les actions et dans les têtes.

    Merci encore, content de vous avoir découvert.

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    • Merci à vous. J’en suis venu à l’idée que vous ne partagez pas suite à une longue réflexion qui a démarré, après l’effondrement de l’aventure du communisme soviétique, autour de la gratuité. Mon ouvrage De la gratuité, publié en 1995 et réédité deux fois depuis, marque le départ de cette évolution (Editions de l’Eclat, texte librement disponible sur le net http://www.lyber-eclat.net/livres/pour-la-gratuite/). J’espère avoir le temps de développer ça et de le publier sur ce blog après l’élection, car il me semble que ça ouvre des pistes puissantes pour modifier un rapport de force vécu de façon dépressive par notre famille politique. Mais bien sûr, ce n’est que mon opinion.

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  10. Bonjour,
    oui bien d’alimenter le débat. Pour ma part ca sera blanc mon raisonnement etant le suivant. J’estime qu’il n’y a aucune chance sérieuse que Mme Le Pen passe, c’est certes un postulat de depart peut-etre un brin optimiste mais grandement confirmé par les divers sondages qui ont vu assez juste pour le premier tour.

    Ce second tour nous est annoncé depuis des mois, en fait meme, depuis les regionales on nous annonce que Mme Le Pen sera en tete du premier tour, ce qui finalement ne s’est pas produit et je m’en rejouis avec vous. Par contre donc le show médiatique bien rodé a fonctionné, on s’esr retrouvé avec un premier tour complement chamboulé par le dit vote utile et en gros l’élection etait pliée dès le 23(si l’on s’en tient a mon hypothese de depart). Vote utile qui a aussi contribué au gros score de M. Mélenchon qui au vu de l’implosion du PS s’est vu représenter la seule candidature ayant une chance a gauche, reste a prouver que le projet de FI peut reunir au moins autant, sinon plus de voix dans le contexte très différent de l’élection legislative.

    Bref, pour en revenir au second tour, un bon 60/40 pour M. Macron ne ferait, selon moi, que conforter l’idée que la stratégie de base est la bonne: on fait peur avec Mme Le Pen, on pousse le troupeau vers une candidature de renouveau(car la bon, les vieux politiques tout ca, les gens n’en veulent plus, etc..) lisse et aux dents blanches mais surtout sérieuse et réaliste(la mondialisation ma brave dame) et le tour est joué: rebelote dans 5 ans, avec peut-etre une nouvelle « nouvelle face » vu que Macron, si par malheur reussi a se dégager une majorité branlante aux législatives et, comme je pense qu’il a prévu de le faire, gouverne a coup d’ordonnances, de 49-3 ainsi que les flashballs et matraques télescopiques qui vont avec, les gens risquent de pas etre trop chaud pour renouveler l’expérience dans 5 ans.

    Avec un second tour 47/53 ca fait un brin plus peur et on peut se dire qu’il faudrait eventuellement mettre un peu d’eau dans son vin si on veut attirer la populace vers un vote qui fait bouillir la grenouille certe mais a petit feu… Parceque la justement coté compromis et donc sens politique, on repassera, oser dire qu’on ne peut pas modifier son programme entre les deux tours car c’est ce pour quoi les gens ont voté et ca serait trahir ses electeurs quand a peine plus de la moitié des electeurs de M. Macron l’ont fait par adhésion, ca laisse présager du pire dans le registre de la politique courageuse et la détermination car les reformes sont nécessaires(tu la sens la ma gouvernance à la comparution immédiate ou il te faut quelques borgnes en plus pour comprendre?)

    Bon ce n’est que mon point de vue, et il y a peut-etre bien un brin de mauvaise foi dedans et un fond de « ahh faut que je trouve un argument pour ne pas me résoudre a voter Macron », car franchement, je n’arrive meme pas a l’envisager une seule seconde, je sais pas si c’est son programme, sa face ou certains de mes potes qui me disaient avant le premier tour, oui mais la quand meme il se passe quelque chose autour de ce mec, il a une energie, puis regarde comme il rassemble les politiques de tous bords, c’est bien qu’il y a quelque chose! Ca et la pression de « ah les nazis vont gagner et ca sera de ta faute »… je suis pas si sur de mon choix tiens finalement, je vais peut-etre m’enfermer dans une grotte et n’en ressortir que pour aller voter FI au premier tour des législatives!

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    • Merci Jeannot, d’avoir pris le temps d’un argumentaire détaillé. Merci aussi de l’avoir mis en relation avec les affects qui vous traversent comme nous tous et qui font partie de l’histoire. Tout ça aide à à penser comment nous allons exercer notre responsabilité dimanche.J’aime aussi le fait que vous ne faites pas usage de ces hyperboles si fréquentes qui brouillent la réflexion et désoriente l’action. Laissons-les aux populistes dont le brouillage est une des armes privilégiées. Une remarque malgré tout sur le « troupeau », que je ne trouve pas très exact pour décrire la démarche des centaines de milliers d’insoumis qui s’apprêtent, comme moi, à dire leur opposition au FN avec le bulletin Macron. Et compter sur moi pour participer à toutes les actions de nature à faire comprendre à M. Macron, s’il est élu, qu’il n’a pas les mains libres pour mettre en oeuvre ce qui, dans son programme, fait faire un pas de plus à l’empire du capital sur nos existences. Si Marine Le Pen est largement battue, on saura aussi, en gros, la proportion de ceux qui, tout en ayant mis son nom dans l’enveloppe, n’approuvent pas l’orientation politique sociale-libérale d’Emmanuel Macron.

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      • Pardon je n’ai pas été clair sur le « troupeau » qui est en effet un brin péjoratif. Le terme s’appliquait toutefois non pas aux insoumis que l’on pousse vers Macron au second tour, mais plutot à la vision qu’ont des electeurs les multiples éditorialistes et organes de presse qui ont tout fait pour que dès le premier tour, ces electeurs ne votent pas selon leur conviction mais pour faire barrage a l’épouvantail Le Pen qu’on agite depuis les régionales. En gros donc on laisse prospérer le FN en laissant prospérer la pauvreté, et puis on pousse donc le dit « troupeau » dans les bras du sauveur qui fort de sa providentialité va nous délivrer du démon. Ca règle les élections dès le premier tour et ca fonctionne, la preuve!

        Au sujet des actions contre le futur gouvernement de M. Macron, ce qui m’inquiète au plus haut point c’est la facon dont a été réprimé le mouvement contre la loi travail. Je ne vois pas ce qui empecherai M. Macron de ré-éditer la procédure en fait, mais en pire.

        Quand à ceux qui n’approuvent pas son programme, en fait on sait deja que sur les 8,6 millions d’électeurs de M. Macron au premier tour, environ 55%(4,8 millions environ donc) ont voté par adhésion(et encore il faudrait savoir combien de ces 4,8 millions ont effectivement lu le programme). Il n’y a pas besoin d’attendre les résultats du second tour, ni que Mme Le Pen soit largement battu pour le savoir. De mon point de vue, l’abstention ou vote blanc envoie un signal plus fort a M. Macron en disant: attention je suis tellement pas d’accord avec le programme EM que je suis pret a jouer avec le feu (en vrai je bluffe, si c’etait serré, bien sur que j’irai voter Macron mais ca il ne peut pas en etre sur).

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  11. Concernant le « troupeau », pas grave. Je voulais simplement pointer ce que je crois être l’importance de la sobriété dans notre approche d’un réel historique aujourd’hui structurellement chaotique. J’y reviendrai dans un prochain texte. Un des éléments qui « empêcherait de rééditer » est la puissance retrouvée d’une gauche alternative qui pesait bien peu jusqu’à ces dernières semaines. Il me semble que nous devons faire l’inventaire de toutes nos positions de forces, par exemple, tout bêtement, les positions que tient la gauche alternative dans les pouvoirs locaux, mais aussi la multitude des expériences alternatives qui fonctionnent et que souvent nous négligeons. On peut je crois arriver à une masse critique qui non seulement peut se traduire électoralement, mais qui permettra de réussir une politique nationale alternative confrontée comme le sera la politique de Macron à un rapport de force dont les élections et les pouvoirs publics ne sont qu’un élément. La jeunesse est très sensible à ça et il me semble qu’elle est prête à s’engager sur des perspectives de cette nature.

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